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est-ce suffisant ? – DW – 16/10/2025

Publié le 16 octobre 2025 à 11h40. Un nouveau mécanisme d'aide militaire à l'Ukraine, orchestré par l'OTAN et impliquant des achats d'armes aux États-Unis financés par les alliés, se met en place pour contourner les blocages politiques et…

est-ce suffisant ? – DW – 16/10/2025

Publié le 16 octobre 2025 à 11h40. Un nouveau mécanisme d’aide militaire à l’Ukraine, orchestré par l’OTAN et impliquant des achats d’armes aux États-Unis financés par les alliés, se met en place pour contourner les blocages politiques et accélérer les livraisons d’équipements essentiels à Kiev.

  • L’OTAN a mis en œuvre un programme, baptisé Liste des exigences prioritaires pour l’Ukraine (PURL), permettant aux membres de l’Alliance et à ses partenaires d’acheter des armes aux États-Unis pour l’Ukraine.
  • Six pays – l’Allemagne, les Pays-Bas, la Suède, la Norvège, le Danemark et le Canada – ont déjà investi 2 milliards de dollars (environ 1,85 milliard d’euros) dans ce programme.
  • Les partenaires de l’Ukraine se sont engagés à maintenir un rythme d’achat d’armes américain d’un milliard de dollars (environ 925 millions d’euros) par mois.

L’aide militaire à l’Ukraine prend une nouvelle tournure. Alors que les livraisons directes de Washington ont ralenti, l’OTAN a mis en place un système inédit pour garantir un flux continu d’armes vers Kiev. Ce nouveau modèle, révélé lors d’une réunion des ministres de la Défense de l’Alliance Atlantique Nord à Bruxelles le 15 octobre, repose sur un financement collectif des alliés pour l’acquisition d’équipements auprès de l’industrie de défense américaine et, dans certains cas, directement auprès des stocks de l’armée américaine.

Baptisé Liste des exigences prioritaires pour l’Ukraine (PURL), ce programme, en vigueur depuis juillet 2025, est le fruit d’un accord entre l’OTAN et l’administration américaine. Il permet de répondre rapidement aux besoins urgents de l’Ukraine, sans passer par les procédures souvent lentes des aides directes.

Selon le secrétaire général de l’OTAN, Marc Rutte,

« Je suis très heureux que les États-Unis continuent d’approvisionner l’Ukraine et que nos alliés aient contribué financièrement, renforçant ainsi l’Ukraine aujourd’hui et la plaçant dans la meilleure position pour négocier demain. »

Marc Rutte, secrétaire général de l’OTAN

Le système fonctionne de manière précise : Kiev établit une liste de ses besoins prioritaires, transmise à la mission de coordination du soutien de l’OTAN à l’Ukraine (NSATU). L’OTAN identifie ensuite les armes disponibles aux États-Unis, Washington précise les quantités livrables, et les alliés se chargent de financer l’achat.

À ce jour, six pays ont déjà participé à ce dispositif, investissant un total de 2 milliards de dollars. Plus de 16 pays, dont l’Estonie, la Lettonie et la Slovénie, ont promis de rejoindre l’initiative, selon le ministre ukrainien de la Défense, Denis Chmygal. L’objectif est de maintenir un rythme d’achat d’un milliard de dollars par mois, avec une prévision de 3 milliards de dollars supplémentaires d’ici la fin de l’année 2025. L’Allemagne a déjà alloué 500 millions de dollars à ce programme en août dernier.

Les premiers résultats de PURL sont salués. Un responsable de l’OTAN a affirmé que les armes fournies grâce à ce programme ont déjà contribué à la reprise de territoires par l’armée ukrainienne.

« PURL donne à l’Ukraine les capacités militaires de haute technologie dont elle a besoin sur le champ de bataille, et les fournit dès maintenant. »

Responsable de l’OTAN

Cette coopération étroite entre les États-Unis et leurs alliés européens est perçue comme un signal fort adressé au Kremlin, témoignant de l’unité de l’Alliance et de sa détermination à soutenir l’Ukraine. Le secrétaire américain à la Défense, Pete Hegseth, a d’ailleurs appelé les membres de l’OTAN à passer « des paroles aux actes » et à contribuer financièrement à l’effort de guerre ukrainien.

Malgré ce nouveau mécanisme, l’aide militaire globale à l’Ukraine a connu une baisse significative au cours des deux derniers mois d’été, selon l’Institut d’économie mondiale de Kiel (IfW). Si l’aide européenne a augmenté au début de 2025, elle a chuté de 43 % en juillet et août par rapport aux six premiers mois de l’année. PURL ne compense donc pas encore entièrement le ralentissement de l’aide directe américaine.

L’Ukraine espère que PURL pourra évoluer vers un « méga-accord » avec Washington, financé par des avoirs russes gelés. Denis Chmygal a exprimé sa conviction que Donald Trump et Volodymyr Zelensky parviendront à un accord à ce sujet.

Parallèlement, l’OTAN continue de coordonner l’aide à l’Ukraine par le biais de sa mission NSATU à Wiesbaden, qui organise des livraisons d’armes, collecte des fonds et assure la réparation du matériel militaire. Le Groupe de contact sur l’Ukraine (format Ramstein), qui regroupe plus de 50 pays, reste également une plateforme essentielle pour la coordination de l’assistance militaire internationale. Au cours des huit derniers mois, ce groupe a mobilisé plus de 50 milliards de livres sterling (environ 58 milliards d’euros) d’engagements pour l’Ukraine.

Kiev estime ses besoins de défense pour 2026 à 120 milliards de dollars, dont elle compte financer la moitié elle-même. Le ministre ukrainien de la Défense a donc demandé aux alliés de contribuer à hauteur de 60 milliards de dollars supplémentaires.

Un autre axe prioritaire est l’investissement dans l’industrie de défense ukrainienne. L’OTAN et l’Ukraine voient un potentiel important dans le développement de la production d’armes sur le territoire ukrainien. Si les partenaires fournissent le financement nécessaire, Kiev pourrait produire 20 millions de drones en 2026. L’Allemagne et le Royaume-Uni ont d’ailleurs signé le 15 octobre des accords bilatéraux avec l’Ukraine pour renforcer la coopération dans ce domaine, notamment pour le développement et la production de drones d’interception.

L’Union européenne s’oriente également vers une coopération accrue avec l’Ukraine dans le domaine de la production de drones, afin de réduire les coûts et les délais de livraison. Une proposition détaillée de la Commission européenne devrait être présentée le 16 octobre.

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À propos de l’auteur: Nicolas Lefèvre

Nicolas Lefèvre couvre l’actualité française, de la vie politique aux questions sociales et économiques. Il privilégie les explications claires, les faits datés et les informations directement utiles au lecteur.