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La querelle autour de la conscription compromet la stratégie de l’Allemagne envers la Russie |

Publié le 16 octobre 2024 09h54. Des désaccords au sein de la coalition gouvernementale allemande sur la réforme du service militaire menacent de compromettre les efforts de Berlin pour renforcer sa défense face à la Russie, alors que…

La querelle autour de la conscription compromet la stratégie de l’Allemagne envers la Russie |

Publié le 16 octobre 2024 09h54. Des désaccords au sein de la coalition gouvernementale allemande sur la réforme du service militaire menacent de compromettre les efforts de Berlin pour renforcer sa défense face à la Russie, alors que les tensions en Europe s’intensifient.

  • Le ministre allemand de la Défense, Boris Pistorius, a rejeté l’idée d’un système de conscription basé sur une loterie, la qualifiant de solution « paresseuse ».
  • Ces divergences interviennent alors que l’Allemagne cherche à atteindre les objectifs de l’OTAN en matière de forces armées, fixés à 460 000 soldats.
  • La querelle souligne des tensions plus larges au sein du gouvernement sur la réponse à adopter face aux actions de Moscou.

La coalition gouvernementale allemande tente d’apaiser un différend interne concernant la refonte du service militaire, une question qui risque d’éclipser les efforts de Berlin pour renforcer sa dissuasion face à la Russie. L’invasion de l’Ukraine par la Russie en 2022 et les récentes incursions de drones ont mis en évidence la vulnérabilité du continent européen, tandis que les doutes sur l’engagement américain envers la défense européenne alimentent les inquiétudes.

Le projet phare du chancelier conservateur Friedrich Merz vise à instaurer un nouveau système de service militaire pour constituer « l’armée conventionnelle la plus puissante d’Europe ». Certains députés de la coalition ont proposé un système de tirage au sort pour déterminer qui serait recruté, mais cette idée a été fermement rejetée par le ministre de la Défense, Boris Pistorius. Mercredi, il a dénoncé cette proposition comme un « compromis paresseux » qui prendrait trop de temps à mettre en œuvre.

Les déclarations de Pistorius, figure populaire au sein du Parti social-démocrate (SPD), ont suscité l’indignation de certains membres de l’alliance de centre-droit CDU/CSU de Merz. Le député CDU Norbert Roettgen a déclaré au Süddeutsche Zeitung :

« En 30 ans au Parlement, je n’ai jamais vu un ministre saboter un projet de loi aussi important et plonger ses propres députés dans un tel chaos. »

Malgré ces tensions, le porte-parole de Merz, Stefan Kornelius, a appelé mercredi toutes les parties à « dépassionner » le débat. Il a affirmé :

« Ce conflit ne signifie pas que l’Allemagne est divisée ou affaiblie. L’Allemagne est capable d’agir. »

Interrogé par l’Agence France-Presse sur le risque que ces désaccords encouragent la Russie, Kornelius a répondu que ce type de débat était sain et que Moscou devrait l’encourager au sein de son propre système politique. Il a ajouté :

« Nous aimerions voir plus de démocratie et de débat en Russie, y compris sur la question de la conscription. »

Kornelius a insisté sur le fait que la réforme du service militaire serait adoptée et mise en œuvre d’ici le 1er janvier, comme prévu. Il a souligné que, depuis 2022, l’Allemagne devait tenir compte d’une menace accrue en raison de l’invasion à grande échelle de l’Ukraine par la Russie.

L’OTAN appelle l’Allemagne à porter ses forces militaires à un total de 460 000 soldats, dont 260 000 actifs et 200 000 réservistes. Cependant, la Bundeswehr (armée allemande) est actuellement loin de ces chiffres, avec seulement 182 000 soldats actifs et 49 000 réservistes.

Pistorius espère éviter le recours à la conscription en attirant davantage de volontaires grâce à de meilleurs salaires et à des avantages sociaux, tels que des permis de conduire gratuits et des formations professionnelles. Merz et Pistorius accusent régulièrement Moscou de mener des actions de guerre hybride visant à déstabiliser l’Allemagne. Merz a fait de la sécurité nationale une priorité, annonçant des investissements sans précédent dans une armée sous-financée et sous-équipée depuis des décennies. L’Allemagne est également le deuxième fournisseur d’aide à l’Ukraine après les États-Unis.

La dispute sur la conscription illustre des tensions plus profondes au sein du gouvernement sur la fermeté de la réponse à adopter face à la Russie. Récemment, Pistorius a également réagi aux appels du chef de la CSU, Markus Söder, à une réponse plus énergique aux drones russes présumés qui ont été repérés au-dessus de sites sensibles en Allemagne. Après la fermeture de l’aéroport de Munich ce mois-ci suite à la présence de drones mystérieux, Söder avait plaidé pour une politique de riposte aux drones consistant à « abattre plutôt qu’attendre ». Pistorius a qualifié ces propos de « rhétorique de flingueur » sur le site Web de Pioneer, ajoutant :

« Ce genre de discours pourrait fonctionner à midi à Dodge City, mais pas en politique internationale où nous devons prévenir les guerres et éviter l’escalade. »

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À propos de l’auteur: Antoine Girard

Antoine Girard couvre la culture et le divertissement, du cinéma à la musique en passant par les séries, les livres et les arts visuels. Il cherche à éclairer les œuvres, les tendances et leur réception.