Un cessez-le-feu précaire est en vigueur dans la bande de Gaza, mais la question de sa gouvernance future reste ouverte. Alors que les forces israéliennes maintiennent leur présence sur plus de la moitié du territoire, l’absence d’un pouvoir central à Gaza complique la mise en œuvre d’une paix durable et la reconstruction massive nécessaire.
La police du Hamas est de retour dans les rues de Gaza, assurant des tâches de maintien de l’ordre, mais des affrontements avec des clans armés palestiniens ont déjà éclaté. Une vidéo largement diffusée montre des accusations de collaboration avec Israël et des exécutions sommaires, soulevant des inquiétudes quant à une possible réaffirmation de l’autorité du Hamas.
Selon le plan de cessez-le-feu, supervisé par l’administration américaine, le Hamas doit se désarmer et laisser la place à un comité de technocrates palestiniens pour gérer le territoire à titre intérimaire. L’Égypte affirme qu’une liste de 15 Palestiniens potentiels a été approuvée par le Hamas et Israël, mais les noms n’ont pas encore été rendus publics et l’étendue de leurs pouvoirs reste incertaine.
« La partie la plus facile a été faite », explique Mkhaimar Abusada, professeur de sciences politiques à Gaza, actuellement basé au Caire. « Les questions les plus compliquées se situent dans la deuxième étape de cette proposition, c’est-à-dire la gouvernance de Gaza, la démilitarisation de Gaza et aussi la reconstruction du territoire. »
La reconstruction de Gaza, où 90 % des bâtiments ont été endommagés ou détruits, est estimée à 70 milliards de dollars (environ 64 milliards d’euros) par les Nations Unies. Dix bulldozers ont commencé à déblayer les décombres des routes principales, une première étape financée par le Qatar, un donateur majeur de Gaza.
L’administration américaine s’attend à ce que les pays arabes riches, notamment le Qatar, l’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis, contribuent au financement de la reconstruction. Cependant, Israël impose des restrictions strictes sur les matériaux entrant dans la bande de Gaza, craignant qu’ils ne soient utilisés par le Hamas pour reconstruire son réseau de tunnels souterrains.
Par ailleurs, l’Égypte forme actuellement 5 000 nouveaux policiers palestiniens pour Gaza, mais il n’est pas encore clair quand cette nouvelle force sera déployée ni si le Hamas acceptera son autorité. L’accord de cessez-le-feu prévoit également la présence d’une force internationale de stabilisation, mais aucun pays ne s’est encore engagé à envoyer des troupes.
Les États-Unis envoient 200 soldats en Israël pour aider à la planification, à la coordination et à la surveillance du cessez-le-feu, mais n’enverront pas de troupes à Gaza. Le président Trump a déclaré que si le Hamas ne se désarme pas, « nous les désarmerons, et cela se produira rapidement et peut-être violemment ».