Home Divertissement‘La vie de Chuck’ : Stephen King contient des multitudes | Cinéma : premières et critiques

‘La vie de Chuck’ : Stephen King contient des multitudes | Cinéma : premières et critiques

by Antoine Girard

Publié le 17 octobre 2024. Mike Flanagan, connu pour ses séries d’horreur atmosphériques, revient avec La Vie de Chuck, une adaptation sensible et cosmique d’une nouvelle de Stephen King qui explore les mystères de l’existence à travers le destin d’un homme ordinaire.

  • La Vie de Chuck, inspirée de la nouvelle Si ça saigne (2019) de Stephen King, est une fable sur la mort et la beauté cachée de la vie.
  • Tom Hiddleston livre une performance captivante dans le rôle principal, notamment grâce à une séquence de danse centrale qui donne un sens à l’ensemble du récit.
  • La collaboration entre Flanagan et King se poursuit, après des adaptations réussies comme Il, Gerald’s Game (2017) et Doctor Sleep (2019).

Avec les vers célèbres de Walt Whitman – « Est-ce que je me contredis ? / Très bien, je me contredis. / (Je suis immense, je contiens des multitudes) » – lus par un élève, La Vie de Chuck s’annonce comme une œuvre à part dans la filmographie de Mike Flanagan. Loin des frayeurs directes, le réalisateur explore ici un territoire plus introspectif et humaniste, fidèle à l’esprit le plus profond de Stephen King.

Publiée il y a cinq ans dans le recueil Si ça saigne, la nouvelle originale joue sur les codes de la dystopie apocalyptique, du récit de fantômes et de la comédie musicale pour dépeindre la vie de Chuck Krantz, un homme dont le destin se dévoile de manière non linéaire. Le film, très fidèle à la source, commence par la fin, par l’inéluctabilité de la mort, et remonte le temps pour explorer les souvenirs et les expériences qui ont façonné cet homme.

La relation entre Flanagan et King est désormais bien établie. Malgré les réserves connues de l’écrivain concernant les adaptations de ses œuvres, Flanagan a su démontrer sa capacité à transposer avec sensibilité et audace les thèmes complexes et les ambiances particulières de l’univers kingien. Il avait été marqué très jeune par la lecture terrifiante d’Il, un traumatisme qui l’a guidé dans sa carrière de réalisateur.

Après avoir achevé une série inspirée de Carrie, le roman qui a révélé Stephen King dans les années 1970, Flanagan revient à son auteur préféré. Il s’agit de sa troisième adaptation d’une œuvre de King, après Gerald’s Game et Doctor Sleep, ce dernier étant perçu par l’écrivain comme une réhabilitation de son œuvre face à l’adaptation controversée de Stanley Kubrick.

Dans La Vie de Chuck, comme dans nombre d’histoires de Stephen King, la mort est envisagée comme une fable qui révèle les pouvoirs cachés de la vie. Le film débute in medias res, à la fin de tout, dans l’attente inéluctable. C’est dans cet adieu cosmique que Flanagan et King invoquent la lumière de l’existence à travers Chuck Krantz, un homme dont le mystère se dévoile progressivement, notamment à travers son enfance solitaire avec sa grand-mère et son grand-père, un comptable alcoolique interprété par Mark Hamill, obsédé par ce qui ressemble à un donjon enchanté.

Tom Hiddleston, dans le rôle de Krantz à l’âge adulte, offre une performance remarquable, notamment lors d’une séquence de danse qui évoque l’élégance de Fred Astaire. Cette scène centrale, rythmée par des baguettes, donne un sens à l’ensemble du film, intégrant les thèmes de la mort, les références à la science avec Carl Sagan, et les vers de Whitman. Lorsqu’on l’entend parler pour la première fois, Chuck Krantz résume l’essence du film et l’imminence de toute fin :

« Allez, dansons. »

Chuck Krantz

La Vie de Chuck

Réalisation : Mike Flanagan.

Distribution : Tom Hiddleston, Chiwetel Ejiofor, Karen Gillan, Jacob Tremblay, Mark Hamill, Mia Sara.

Genre : fantastique. États-Unis, 2024.

Durée : 110 minutes.

Sortie : 17 octobre.

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