Le Massachusetts envisage d’étendre son interdiction de mise en décharge des déchets alimentaires à tous les secteurs et aux particuliers, une mesure qui pourrait considérablement réduire le volume de déchets envoyés dans les décharges de l’État et soutenir une économie circulaire en plein essor. Cette initiative, présentée la semaine dernière, vise à atteindre un objectif ambitieux de détournement de 780 000 tonnes de matières organiques par an d’ici 2030.
À retenir
- Le Massachusetts pourrait imposer à toutes les entreprises et tous les foyers de trier leurs déchets organiques d’ici 2028 et 2030 respectivement.
- L’État a déjà mis en place une interdiction partielle en 2014 et l’a étendue en 2022, ciblant les gros producteurs de déchets organiques.
- Le développement de l’infrastructure de traitement des matières organiques, notamment le compostage et la méthanisation, est crucial pour atteindre les objectifs fixés.
Contexte
Le Massachusetts a été l’un des premiers États américains à adopter une politique de détournement des matières organiques, rejoignant depuis lors l’ensemble de la Nouvelle-Angleterre. En 2014, une première interdiction a été mise en place, obligeant les entreprises générant plus d’une demi-tonne de matières organiques par semaine à les détourner de la mise en décharge. Cette mesure a été renforcée en 2022. Plus récemment, le Maine a adopté une loi similaire, mais son entrée en vigueur est prévue pour 2030. Des études indépendantes ont démontré que le programme de détournement des matières organiques du Massachusetts était parmi les plus efficaces du pays jusqu’en 2019.
Cette initiative s’inscrit dans une stratégie plus large visant à réduire l’élimination des déchets à 4 millions de tonnes par an d’ici 2030. L’État a constaté une augmentation de ses exportations de déchets vers d’autres États ces dernières années, ce qui a entraîné une hausse des coûts et souligné la nécessité de renforcer les efforts de détournement au niveau national.
Ce qui change
Selon les plans actuels, l’obligation de tri des matières organiques pourrait s’appliquer à toutes les entreprises commerciales dès le 1er novembre 2028. Une attention particulière sera portée aux « entreprises avec des déchets alimentaires accidentels », telles que les cabinets médicaux ou les commerces de détail non alimentaires, ainsi qu’aux écoles, qui pourraient bénéficier d’exemptions. Les résidents seraient concernés par cette obligation à partir du 1er novembre 2030.
Les municipalités pourraient se voir accorder une certaine flexibilité dans la mise en œuvre de ces programmes, par exemple en créant des points de dépôt pour les restes alimentaires plutôt qu’en mettant en place une collecte en bordure de rue.
En 2024, environ 350 000 tonnes de déchets organiques ont été détournées de la mise en décharge, contre 190 000 tonnes en 2016. Les déchets alimentaires représentent actuellement 21 % des déchets de l’État, soit environ 930 000 tonnes.
Prochaines étapes
Le Département de la Protection de l’Environnement du Massachusetts (MassDEP) sollicite actuellement les commentaires du public sur ce plan. John Fischer, directeur adjoint de la division pour la gestion des déchets solides chez MassDEP, a souligné que les dates proposées représentent le calendrier le plus précoce possible pour la mise en œuvre de ces exigences. L’État doit également consulter davantage les parties prenantes et renforcer ses capacités de traitement pour atteindre ses objectifs.
Les composteurs ont exprimé des préoccupations quant à la capacité de répondre à une augmentation de la demande, soulignant la nécessité de révisions des réglementations de zonage et d’autres mesures pour faciliter le développement de nouvelles installations de traitement.
« Vous demandez au secteur privé de prendre le relais ici », a déclaré Phil Goddard, responsable de la conformité des installations et du développement technologique au département de gestion intégrée des déchets solides de la ville de Bourne, lors d’une réunion récente. « Soyez vraiment pragmatique maintenant, car il va devenir de plus en plus difficile de faire ces choses. »
Chiffres clés
| Indicateur | Valeur |
|---|---|
| Capacité de transformation annuelle (2024) | Environ 510 000 tonnes |
| Capacité de méthanisation (2024) | Environ 245 000 tonnes |
| Capacité de compostage (2024) | Environ 21 000 tonnes |
| Capacité de compostage (2016) | Environ 79 000 tonnes |
Sources
Département de la Protection de l’Environnement du Massachusetts (MassDEP).