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Deux hommes luttant contre l’extradition liée au meurtre de la RUC affirment que les autorités ne peuvent pas garder les affaires « dans leur poche arrière »

Publié le 18 octobre 2025 06:09:00. Deux hommes recherchés par la police britannique dans le cadre d'une enquête sur le meurtre d'un agent de la Royal Ulster Constabulary (RUC) en 1975 contestent leur extradition devant la Cour d'appel,…

Deux hommes luttant contre l’extradition liée au meurtre de la RUC affirment que les autorités ne peuvent pas garder les affaires « dans leur poche arrière »

Publié le 18 octobre 2025 06:09:00. Deux hommes recherchés par la police britannique dans le cadre d’une enquête sur le meurtre d’un agent de la Royal Ulster Constabulary (RUC) en 1975 contestent leur extradition devant la Cour d’appel, arguant d’un délai inacceptable dans la procédure judiciaire.

  • Les avocats des deux hommes accusent les autorités d’avoir tardé délibérément à engager des poursuites, voire d’avoir intentionnellement « gardé des affaires dans leur poche ».
  • La Cour d’appel doit statuer sur la question de savoir si ce délai de près de 50 ans constitue un abus de procédure.
  • Les deux suspects, John Edward McNicholl et Seamus Christopher O’Kane, ont fui la prison Maze en 1976 et vivent depuis lors en Irlande.

Les défenseurs de John Edward McNicholl (73 ans) et Seamus Christopher O’Kane (74 ans) ont plaidé devant la Cour d’appel que les autorités britanniques n’auraient pas dû ordonner leur extradition compte tenu de l’extraordinaire retard dans la demande de remise. Ils soutiennent que ce délai est le résultat de décisions répétées, ou d’un manque de décision, prises au cours d’un demi-siècle.

Mark Lynham, avocat de M. McNicholl, a affirmé qu’il y avait eu un « échec répété » à obtenir l’extradition de son client pendant des décennies. Il a précisé que, lorsque M. McNicholl s’est rendu aux États-Unis dans les années 1990, les autorités nord-irlandaises étaient conscientes de sa présence et avaient choisi de ne pas demander son extradition. Après son expulsion vers l’Irlande en 2003, la police nord-irlandaise s’est activement engagée à obtenir sa remise.

Selon M. Lynham, les autorités n’ont demandé l’extradition de M. McNicholl qu’en 2023, quatre jours avant l’entrée en vigueur de la loi sur l’héritage (Legacy Act). Il a également souligné l’impact de la procédure sur son client, un homme de 70 ans ayant une santé fragile et une vie de famille établie.

L’avocat de M. O’Kane, Sean Guerin, a quant à lui souligné que la décision de poursuivre son client pour les infractions qui lui sont reprochées avait été prise pour la première fois en juin 1976, mais que M. O’Kane n’en avait été informé qu’en 2024. Il a dénoncé une « décision stratégique » des autorités nord-irlandaises de ne pas engager de poursuites par crainte d’un échec, et d’avoir ensuite « attendu 48 ans » avant de relancer l’affaire.

M. Guerin a insisté sur le caractère exceptionnel de la situation : « C’est un homme qui apprend en 2024 qu’il est recherché pour des faits qui auraient eu lieu en 1976. » Il a rappelé que les gardaí (police irlandaise) possédaient un mandat d’arrêt contre M. O’Kane dès la fin des années 1970, mais n’avaient pas donné suite.

Remy Farrell, représentant le ministre de la Justice, a rétorqué que les appelants tentaient de masquer une affaire de retard sous le couvert d’un abus de procédure. Il a reconnu que certains aspects de la chronologie des événements étaient mieux expliqués que d’autres, mais a affirmé que le retard était la question centrale de l’affaire.

Les deux hommes sont accusés en lien avec le meurtre de l’agent Robert John McPherson, 25 ans, par l’INLA (Irish National Liberation Army) dans le comté de Derry le 26 juillet 1975, ainsi que la tentative de meurtre d’un autre agent. M. McNicholl est accusé du meurtre et de la tentative de meurtre, tandis que M. O’Kane est accusé de possession d’armes à feu, dont une arme de service de la RUC volée lors de l’embuscade.

Ces armes à feu avaient été retrouvées lors d’une opération de la RUC le 16 février 1976 à Garvagh, dans le comté de Derry. Les deux hommes s’étaient évadés de la prison Maze en mai 1976 par un tunnel.

M. O’Kane vit ouvertement dans la région de Meath depuis près de cinq décennies, tandis que M. McNicholl, expulsé des États-Unis, réside en République d’Irlande depuis 2003. La Cour d’appel a réservé son jugement.

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À propos de l’auteur: Nicolas Lefèvre

Nicolas Lefèvre couvre l’actualité française, de la vie politique aux questions sociales et économiques. Il privilégie les explications claires, les faits datés et les informations directement utiles au lecteur.