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Le candidat en faveur de la réunification remporte de manière décisive les élections dans le nord de Chypre face au favori de Türkiye | International

Publié le 22 juillet 2024 à 18h30. Tufan Erhürman, un homme politique de centre-gauche favorable à la réunification, a été élu président de la République turque de Chypre du Nord (RTCN) avec une large majorité, marquant un potentiel…

Le candidat en faveur de la réunification remporte de manière décisive les élections dans le nord de Chypre face au favori de Türkiye | International

Publié le 22 juillet 2024 à 18h30. Tufan Erhürman, un homme politique de centre-gauche favorable à la réunification, a été élu président de la République turque de Chypre du Nord (RTCN) avec une large majorité, marquant un potentiel tournant dans le conflit chypriote de longue date.

  • Tufan Erhürman a remporté l’élection présidentielle avec 63 % des voix, battant largement le président sortant, Ersin Tatar, soutenu par Ankara.
  • Cette victoire est perçue comme un espoir pour la reprise des négociations en vue d’une solution fédérale à la division de Chypre.
  • Le résultat constitue un revers pour le président turc Recep Tayyip Erdoğan, qui avait activement soutenu la candidature de Tatar.

L’élection de Tufan Erhürman à la tête de la RTCN, entité uniquement reconnue par la Turquie et contrôlant le tiers nord de l’île de Chypre, pourrait relancer les perspectives de résolution du conflit qui divise l’île depuis 1974. Chypre est membre de l’Union européenne depuis 2004.

Le nouveau président a obtenu une victoire sans appel, recueillant 63 % des suffrages contre 35 % pour son adversaire, Ersin Tatar. Dans ses premières déclarations, Erhürman a promis de défendre l’égalité et la liberté, affirmant :

« Le peuple chypriote turc a montré que nous n’étions pas divisés. La fraternité a triomphé. En tant que président, je serai le gardien de l’égalité et de la liberté. »

Du côté sud de la Ligne verte, la zone tampon patrouillée par les Casques bleus de l’ONU, l’accueil a été chaleureux. Stefanos Stefanou, leader du parti de gauche AKEL, principale force d’opposition au Parlement chypriote, a salué une victoire pour la réunification :

« La communauté chypriote turque s’est prononcée en faveur d’une solution fédérale et de la réunification. C’est un message positif et plein d’espoir. Nous devons maintenant nous concentrer sur la reprise des négociations. »

Bien que la RTCN ne soit pas reconnue internationalement, son président est considéré comme le représentant légal de la communauté chypriote turque et joue donc un rôle crucial dans les éventuelles négociations avec la partie grecque chypriote et les médiateurs de l’ONU. Les précédentes tentatives de réunification ont échoué, notamment en 2017.

Cette défaite est un coup dur pour Recep Tayyip Erdoğan, dont le gouvernement s’était fortement investi en faveur d’Ersin Tatar. En 2020, Ankara avait été accusée d’ingérence dans le processus électoral et d’avoir favorisé la victoire de Tatar, qui avait remporté le second tour avec une faible marge face à Mustafa Akinci, un autre partisan de la réunification. Les élections de 2020 avaient été marquées par des controverses.

L’isolement international et la dépendance économique croissante de la RTCN vis-à-vis de la Turquie, en raison de l’absence de solution au conflit, ont contribué à un sentiment de frustration au sein de la communauté chypriote turque. Cependant, la société chypriote turque a évolué vers davantage d’ouverture et de démocratisation au cours des dernières décennies, créant parfois des tensions avec le gouvernement turc, en particulier lorsque le centre-gauche était au pouvoir dans le nord de Nicosie. Cette dynamique s’était déjà manifestée par le passé.

La défaite de Tatar est également attribuée à son alignement sur l’agenda islamiste du gouvernement turc, dans une société chypriote turque traditionnellement laïque. En avril dernier, des manifestations de grande ampleur ont eu lieu dans le nord de Chypre pour protester contre une modification des règles scolaires, imposée par Ankara, autorisant le port du voile islamique pour les jeunes filles.

Afin de rassurer Ankara, Erhürman a déclaré qu’il consulterait la Turquie sur toutes les questions de politique étrangère. Cependant, les relations risquent d’être difficiles, car la position d’Erdoğan sur la question chypriote a évolué : favorable à la réunification il y a vingt ans, il plaide désormais pour une partition de l’île.

La réaction en Turquie n’a pas tardé. Devlet Bahçeli, leader de l’extrême droite nationaliste et allié d’Erdoğan, a dénoncé le faible taux de participation aux élections et a appelé le Parlement chypriote turc à rejeter les résultats et à voter en faveur de l’annexion du nord de Chypre à la Turquie :

« Le Parlement de la RTNC doit être convoqué d’urgence et annoncer que les résultats des élections ou le retour au fédéralisme ne seront pas acceptés. Et il doit voter en faveur de l’annexion [du nord de Chypre] en Turquie. »

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À propos de l’auteur: Clara Dubois

Clara Dubois suit l’actualité internationale, les affaires diplomatiques et les grands équilibres géopolitiques. Son travail met l’accent sur le contexte, les faits vérifiables et les conséquences concrètes des événements mondiaux.