Home NouvellesTaxe, Taxe foncière | Le professeur de fiscalité Ole Gjems-Onstad met en garde contre un choc fiscal pour les propriétaires de chalets

Taxe, Taxe foncière | Le professeur de fiscalité Ole Gjems-Onstad met en garde contre un choc fiscal pour les propriétaires de chalets

by Nicolas Lefèvre

Publié le 20 octobre 2025 à 12h23. Le gouvernement norvégien prévoit une refonte de la taxation des résidences secondaires, suscitant l’inquiétude chez les propriétaires qui craignent une augmentation significative de leurs impôts et, pour certains, la nécessité de vendre leur bien.

  • Le projet de budget de l’État pour 2025 prévoit de remplacer l’évaluation actuelle des maisons de vacances, basée sur les coûts de construction, par une évaluation reflétant la valeur marchande réelle.
  • Des experts préviennent que cette nouvelle méthode d’évaluation pourrait entraîner une augmentation substantielle de l’impôt sur la fortune pour de nombreux propriétaires.
  • Le gouvernement pourrait également être tenté de réintroduire les droits de succession pour financer d’autres mesures.

La méthode d’évaluation des résidences secondaires va subir un changement majeur en Norvège. Le gouvernement a annoncé qu’il abandonnerait le système actuel, souvent basé sur des coûts de construction datant de plusieurs années, au profit d’une évaluation plus précise de la valeur marchande réelle des chalets et autres habitations de loisirs. Cette décision, inscrite dans le projet de budget de l’État pour 2025, suscite déjà des inquiétudes parmi les propriétaires.

Ole Gjems-Onstad, professeur émérite à la BI School of Business et spécialiste du droit fiscal, met en garde contre les conséquences potentielles de cette réforme.

« Pour certains, cela aura un impact significatif sur le paiement des impôts. Et je pense que pour certains, cela les amènera à vendre la cabane. »

Ole Gjems-Onstad, professeur émérite à la BI School of Business

Il craint que le gouvernement ne minimise l’ampleur des changements à venir.

Le gouvernement prévoit d’utiliser les modèles statistiques de Statistique Norvège, déjà utilisés pour les résidences principales et secondaires, afin de déterminer les valeurs marchandes. Cette approche devrait entraîner une augmentation notable de la valeur des actifs, en particulier pour les chalets et les propriétés plus anciennes situés dans des zones prisées, en bord de mer ou dans les stations de ski. Selon Gjems-Onstad, le gouvernement pourrait justifier cette décision en évoquant la nécessité de combler un “trou fiscal”.

L’impact pourrait être double, selon l’expert. Non seulement l’impôt sur la fortune augmenterait, mais les communes pourraient également être tentées d’utiliser ces nouvelles valeurs élevées comme base pour le calcul de la taxe foncière locale. Les communes ont la liberté de se baser sur l’évaluation de l’État ou d’établir leurs propres tarifs.

Gjems-Onstad souligne un problème démocratique lié à cette situation : les propriétaires de résidences secondaires n’ont souvent pas le droit de vote dans la municipalité où se trouve leur bien.

« Les immeubles de loisirs sont des objets fiscaux très alléchants pour les communes, car les propriétaires ne sont pas des électeurs. Ils ne peuvent pas modifier leurs impôts. »

Ole Gjems-Onstad, professeur émérite à la BI School of Business

Il note que, pour l’instant, aucune commune ne propose d’exonération de la taxe foncière pour les résidences secondaires.

Au-delà des résidences secondaires, le professeur Gjems-Onstad anticipe une augmentation de la valeur des logements urbains d’ici 2026, ce qui pourrait entraîner une augmentation de l’impôt sur la fortune pour un plus grand nombre de contribuables, notamment ceux dont la valeur des actifs dépasse les 10 millions de couronnes norvégiennes (environ 900 000 euros). À partir de ce seuil, la valeur des actifs est imposée à un taux de 70 %, contre 25 % auparavant, ce qui pourrait entraîner une augmentation de l’impôt sur la fortune de 180 %.

Le professeur craint également que le gouvernement, sous la pression de partis de gauche comme SV et Rødt, ne réintroduise les droits de succession.

« Il est peu probable que cela se produise cette année, mais ils sont confrontés à trois années de demandes constantes de « prendre les riches ». Afin de donner quelque chose à la gauche en échange, les droits de succession peuvent être mis sur la table des négociations. »

Ole Gjems-Onstad, professeur émérite à la BI School of Business

Il estime qu’une telle mesure serait regrettable, car elle créerait de l’incertitude et pourrait inciter les plus fortunés à transférer leurs actifs à l’étranger pour éviter l’impôt.

Gjems-Onstad dénonce un problème plus profond dans la politique fiscale norvégienne, combinant un impôt sur les dividendes élevé (37,84 %) et un impôt sur la fortune. Il estime que cette combinaison décourage l’investissement et incite les entrepreneurs à quitter le pays. Il met en garde contre les conséquences de la “taxe de sortie” pour les entrepreneurs qui souhaitent s’installer à l’étranger, les obligeant à payer des impôts sur les gains non réalisés.

Selon lui, cette situation crée un sentiment d’injustice chez les jeunes entrepreneurs, qui ont l’impression d’être pénalisés pour leur réussite.

« Les jeunes ont le sentiment que si je fais quelque chose, je suis coincé. »

Ole Gjems-Onstad, professeur émérite à la BI School of Business

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