Home DivertissementMallrats se sent particulièrement prémonitoire à l’occasion de son 30e anniversaire

Mallrats se sent particulièrement prémonitoire à l’occasion de son 30e anniversaire

by Antoine Girard

Publié le 20 octobre 2025 à 16h08. En 1995, la comédie Mallrats de Kevin Smith se distinguait par son approche novatrice des fans de bandes dessinées, les présentant non pas comme des marginaux, mais comme des personnages attachants et crédibles, annonçant ainsi un changement culturel majeur.

  • Mallrats, sorti en 1995, a brisé les stéréotypes en dépeignant les amateurs de bandes dessinées comme des individus charismatiques et sûrs d’eux.
  • Le film a anticipé l’essor de la culture « nerd » et son intégration dans la culture populaire, bien avant le phénomène Marvel.
  • Brodie Bruce, personnage central du film, incarne cette nouvelle représentation des fans de bandes dessinées, influençant les comédies ultérieures.

En 1995, le paysage cinématographique était dominé par des superproductions comme Batman pour toujours, qui, bien que populaire, restait une exception dans un genre encore peu représenté. Les films de super-héros Marvel, quant à eux, étaient absents des écrans. Dans ce contexte, Mallrats s’est démarqué en intégrant l’amour des bandes dessinées dans son récit, sans se limiter aux seuls super-héros. Le personnage de Brodie Bruce, interprété par Jason Lee, est un véritable passionné, capable de dissertations pointues sur DC Comics et ses personnages, comme Superman, ou encore sur des titres plus obscurs comme Punisher : Journal de guerre.

Brodie, loin du cliché du « poindexter » ostracisé, est dépeint comme un jeune homme sûr de lui et séduisant. Il passe une grande partie de son temps dans un magasin de bandes dessinées, un lieu central dans sa vie sociale. Cette représentation était novatrice pour l’époque, où les fans de bandes dessinées étaient souvent caricaturés. Comme le souligne un échange mémorable, Brodie se demande, avec une pointe de mélancolie :

« Vous pensez, connards, que parce qu’un gars lit des bandes dessinées, il ne peut pas commencer une merde ? »

Brodie Bruce, personnage de Mallrats

L’intrigue du film tourne autour de TS Quint et Brodie, deux amis qui tentent de reconquérir leurs ex-petites amies. Le centre commercial, lieu de rendez-vous et de péripéties, est également le théâtre d’un jeu télévisé dans lequel l’ex de TS, Brandi, participe. Brodie, lui, est hanté par le souvenir de René, qui lui reproche de passer trop de temps à lire des bandes dessinées et à jouer aux jeux vidéo. Un reproche qui, aujourd’hui, pourrait se traduire par un manque de monétisation de ses passions sur les réseaux sociaux.

Mallrats préfigure également l’essor des univers cinématographiques interconnectés, à l’instar du Marvel Cinematic Universe (MCU). Le film se déroule dans le même univers que Commis, et on y croise même une apparition de Stan Lee, cinq ans avant le premier film X-Men. Cette apparition, bien que brève, témoigne de la vision de Smith et de son intérêt pour la culture populaire. Il s’agit d’une approche plus légère et amusante que les caméos plus forcés que l’on retrouve aujourd’hui dans les productions Marvel.

Smith s’inspire ouvertement des œuvres de John Hughes et de John Landis, créant une comédie qui explore les préoccupations et les frustrations de la vingtaine. Il aborde des thèmes universels tels que l’amour, l’amitié et la recherche de soi, tout en intégrant des références à la culture populaire et aux bandes dessinées. Mallrats est donc plus qu’une simple comédie sur des « malfrats de centre commercial » ; c’est une réflexion sur l’évolution de la culture « nerd » et son intégration dans la société.

Kevin Smith réalise Mallrats Image : Gramercy Pictures/avec la permission d’Everett Collection

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