Bogota, le 20 octobre 2024. La Colombie a rappelé son ambassadeur à Washington en réponse à une escalade verbale du président américain Donald Trump, qui a menacé de sanctions économiques et a dénigré le président colombien Gustavo Petro.
La décision de Bogota intervient après des déclarations incendiaires de Donald Trump, qui a notamment promis de mettre fin à l’aide financière à la Colombie et d’imposer de nouveaux droits de douane. L’ancien président américain a également qualifié Gustavo Petro, le président colombien de gauche, de « leader des drogues illégales ».
Cette crise diplomatique prend racine dans la politique américaine de lutte contre le trafic de drogue en mer des Caraïbes. Récemment, les États-Unis ont mené plusieurs opérations contre des navires soupçonnés de transporter des stupéfiants, une initiative vivement critiquée par Gustavo Petro.
Le ministre colombien de l’Intérieur, Armando Benedetti, a dénoncé les propos de Donald Trump, les qualifiant de menace voilée d’intervention militaire.
« Les déclarations de M. Trump, appelant la Colombie à fermer ses laboratoires de drogue sous peine d’une action américaine similaire, sont perçues comme une menace d’invasion ou d’action militaire »
Armando Benedetti, ministre colombien de l’Intérieur. Il a exprimé son scepticisme quant à la capacité des États-Unis à agir sans recourir à une invasion.
La Colombie était jusqu’à récemment le principal bénéficiaire de l’aide américaine en Amérique du Sud. En 2023, la moitié des 740 millions de dollars (environ 680 millions d’euros) alloués par Washington à la région a été consacrée à la lutte contre le narcotrafic.
Cette escalade verbale intervient dans un contexte de tensions croissantes entre les États-Unis et certains pays d’Amérique latine sur la question de la politique antidrogue, et pourrait avoir des conséquences importantes sur la coopération bilatérale entre Bogota et Washington.