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Les assureurs se tournent vers le crédit privé et les infrastructures

Publié le 21 octobre 2025. Les assureurs, confrontés à une inflation persistante, restent prudents en matière de prise de risque mais se tournent de plus en plus vers les marchés privés pour saisir des opportunités à long terme,…

Les assureurs se tournent vers le crédit privé et les infrastructures

Publié le 21 octobre 2025. Les assureurs, confrontés à une inflation persistante, restent prudents en matière de prise de risque mais se tournent de plus en plus vers les marchés privés pour saisir des opportunités à long terme, selon une étude récente de BlackRock.

  • L’inflation demeure la principale préoccupation du secteur de l’assurance, citée par 63% des professionnels interrogés.
  • Malgré cette prudence, l’appétit pour les marchés privés continue de croître, avec 30% des assureurs prévoyant d’y augmenter leur exposition.
  • Les assureurs adaptent leurs modèles opérationnels, privilégiant des approches hybrides combinant expertise interne et partenariats externes, notamment grâce à l’intelligence artificielle.

BlackRock, le premier gestionnaire d’actifs au monde avec 10 500 milliards de dollars (environ 9 200 milliards d’euros) d’actifs sous gestion, a publié les conclusions de son 14e rapport annuel sur l’assurance mondiale. L’étude, menée auprès de 463 professionnels de l’investissement de haut niveau sur 33 marchés, couvre un total de 23 000 milliards de dollars (environ 20 000 milliards d’euros) d’actifs gérés.

L’inflation reste au cœur des préoccupations des assureurs. Plus des deux tiers des personnes interrogées (63%) la considèrent comme le principal risque macroéconomique auquel le secteur est confronté. Cette inquiétude se traduit par une attitude globalement prudente en matière de prise de risque : seulement 12% des assureurs envisagent d’accroître leur exposition au risque d’investissement en 2025.

Les marchés privés, une voie d’avenir

Paradoxalement, cette prudence ne freine pas l’intérêt croissant pour les marchés privés. Trente pour cent des assureurs prévoient d’augmenter leur allocation à ces actifs, tandis que 58% souhaitent maintenir leurs niveaux actuels. Près de quatre assureurs sur cinq (79%) anticipent une évolution de leur exposition aux marchés privés comprise entre 1% et 5% au cours des 12 prochains mois, 13% misant sur des changements plus importants, de 6% à 9%, et 1% sur des variations supérieures à 10%.

Le crédit privé, les infrastructures et les stratégies multi-alternatives sont identifiés comme les opportunités les plus attractives dans ce domaine.

« L’année 2025 est marquée par la prudence dans un contexte de volatilité, mais aussi par la conviction que les marchés privés peuvent offrir des opportunités à long terme »,

Mark Erickson, stratège mondial de l’assurance chez BlackRock

Les marchés publics, quant à eux, restent un pilier des portefeuilles des assureurs. 73% des répondants prévoient de maintenir leur exposition actuelle, et 21% d’augmenter la leur.

Charles Hatami, responsable mondial du groupe Financial & Strategic Investors et coresponsable du Global Partners Office chez BlackRock, souligne :

« Les assureurs sont des acteurs sophistiqués sur les marchés publics et privés, opérant dans un environnement hautement concurrentiel et réglementé. Nous assistons aujourd’hui à une transformation accélérée, en particulier chez les assureurs-vie, vers le déploiement de capitaux privés à long terme, notamment dans des domaines tels que le crédit privé et l’infrastructure. »

Charles Hatami, responsable mondial du groupe Financial & Strategic Investors et coresponsable du Global Partners Office chez BlackRock

Une mutation des modèles opérationnels

L’enquête révèle également une évolution vers des modèles opérationnels plus flexibles. 87% des assureurs adaptent leur approche de la gestion d’actifs, en réduisant leur dépendance à l’égard des compétences internes et en adoptant des modèles hybrides qui combinent expertise interne et recours à des partenaires externes.

La technologie joue un rôle central dans cette transformation. 74% des assureurs investissent dans des logiciels liés à l’intelligence artificielle, 70% dans des outils de gestion des portefeuilles et des risques, et 56% dans des outils de reporting et d’analyse.

La gestion du capital est également une priorité. Au cours des 12 prochains mois, 67% des assureurs prévoient d’utiliser des side-cars de réassurance, 54% d’accroître le recours aux capitaux de tiers et 53% d’étendre les capacités de gestion des captives. Ces mesures visent à diversifier les revenus du bilan, à optimiser les structures de capital et à accéder à des financements non dilutifs, selon BlackRock.

Enfin, les assureurs restent engagés dans des stratégies de durabilité à long terme. L’infrastructure d’énergie propre a été identifiée comme l’investissement durable le plus attractif pour la deuxième année consécutive, citée par 55% des répondants. L’infrastructure de base suit avec 51%, tandis que 38% ont mentionné les obligations vertes.

BlackRock conclut que les assureurs parviennent à concilier prudence et recherche d’opportunités, en adaptant leurs stratégies d’investissement, leur gestion du capital et leurs modèles opérationnels pour faire face à un environnement incertain et se positionner pour une compétitivité durable.

Cet article a été rédigé initialement traduit et édité pour le site de Paperjam en français.

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À propos de l’auteur: Amélie Bernard

Amélie Bernard traite l’économie, les entreprises, les marchés et les transformations du travail. Son approche relie les chiffres, les décisions publiques et leurs effets dans la vie quotidienne.