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Rodrigo Paz, confronté à un exercice d’équilibriste compliqué en Bolivie – DW – 20/10/2025

Publié le 21 octobre 2023 08h18. Après près de deux décennies de gouvernements de gauche, la Bolivie a élu un président centriste, Rodrigo Paz Pereira, dans un contexte de crise économique et de polarisation politique. Son principal défi…

Rodrigo Paz, confronté à un exercice d’équilibriste compliqué en Bolivie – DW – 20/10/2025

Publié le 21 octobre 2023 08h18. Après près de deux décennies de gouvernements de gauche, la Bolivie a élu un président centriste, Rodrigo Paz Pereira, dans un contexte de crise économique et de polarisation politique. Son principal défi sera de stabiliser l’économie tout en répondant aux attentes sociales.

  • Rodrigo Paz Pereira a remporté l’élection présidentielle bolivienne avec plus de 54 % des voix.
  • La crise économique, marquée par des pénuries de carburant et de devises, est un défi majeur pour le nouveau gouvernement.
  • La stabilisation économique devra s’accompagner de mesures de protection sociale pour éviter une exclusion des populations les plus vulnérables.

L’élection de Rodrigo Paz Pereira, du Parti chrétien-démocrate (PDC), marque une rupture avec près de vingt ans de gouvernements du Mouvement vers le socialisme (MAS). Le scrutin, qui s’est déroulé dans le calme, a vu le nouveau président obtenir un soutien significatif, même dans les zones rurales et parmi les secteurs populaires traditionnellement acquis à la gauche. Selon la politologue Daniela Osorio Michel, chercheuse à l’Institut allemand d’études mondiales et régionales (GIGA), ce résultat témoigne d’une volonté des Boliviens d’exprimer leur choix par le vote, plutôt que par la contestation dans la rue.

« Malgré la grave crise économique, les citoyens n’ont pas choisi de protester dans les rues, mais ont décidé d’exprimer leur volonté par le vote, en plaçant leur confiance dans le processus électoral démocratique. Le jour d’élection s’est développé dans la paix, ce qui est fondamental pour la stabilité du pays dans cette nouvelle étape. »

Daniela Osorio Michel, politologue à l’Institut GIGA

Le nouveau président hérite d’une situation économique préoccupante. La Bolivie est confrontée à une pénurie de carburant et de devises, fragilisant son économie. La stabilisation économique est donc une priorité absolue. Daniela Osorio souligne que la première mesure à prendre est de garantir l’approvisionnement en essence et en diesel, comme promis par le nouveau président. Parallèlement, il est crucial d’assurer la disponibilité de devises pour soutenir les importations et stabiliser le taux de change.

Un autre défi majeur est la recherche d’une alternative au gaz naturel, dont les réserves s’épuisent. Le journaliste Rafael Archondo, docteur en recherche sociale et spécialiste des sciences politiques, explique que la Bolivie a longtemps exporté du gaz vers l’Argentine et continue de le faire vers le Brésil, mais que cette source d’exportation est en voie de disparition. Il est donc impératif de trouver rapidement une nouvelle solution économique.

« L’ère du gaz touche à sa fin. Le président élu doit trouver bientôt une solution économique à ce manque. »

Rafael Archondo, journaliste et docteur en recherche sociale

Au-delà des questions économiques, le nouveau gouvernement devra également s’attaquer à la question de l’institutionnalité, fragilisée par le clientélisme et la corruption. Selon Gonzalo Rojas Ortuste, coordinateur du Doctorat multidisciplinaire en politique, société et culture de l’Université Mayor de San Andrés à La Paz, l’administration de la justice était particulièrement soumise au pouvoir exécutif. Cependant, la corruption et la négligence sont également présentes dans d’autres institutions de l’État.

Pour mener à bien ces réformes profondes, le nouveau gouvernement devra obtenir le soutien des deux tiers du Congrès. Selon Rafael Archondo, un accord avec Jorge « Tuto » Quiroga, le candidat de droite arrivé en deuxième position, est indispensable. L’ancien président Evo Morales, bien que n’ayant pas de parti enregistré, pourrait constituer une opposition importante.

Daniela Osorio met en garde contre les risques d’une politique d’austérité mal perçue par les populations. Elle souligne la nécessité d’une approche équilibrée, combinant des mesures techniques de correction macroéconomique avec une sensibilité politique pour éviter toute exclusion sociale. Toute initiative de stabilisation économique doit être accompagnée de mécanismes de protection sociale pour les secteurs les plus vulnérables.

« Son gouvernement doit non seulement appliquer des mesures techniques de correction macroéconomique, mais aussi faire preuve de sensibilité politique pour éviter que les ajustements ne génèrent une perception d’exclusion ou de punition pour les majorités. »

Daniela Osorio Michel, politologue à l’Institut GIGA

Enfin, le politologue insiste sur l’importance de la transparence dans la communication des mesures à prendre. Le président élu doit clairement indiquer quelles promesses de campagne sont réalisables et dans quels délais, afin d’éviter de susciter de faux espoirs et de provoquer une frustration sociale.

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À propos de l’auteur: Clara Dubois

Clara Dubois suit l’actualité internationale, les affaires diplomatiques et les grands équilibres géopolitiques. Son travail met l’accent sur le contexte, les faits vérifiables et les conséquences concrètes des événements mondiaux.