Publié le 21 octobre 2025 13:54:00. Une vaste opération menée par le parquet péruvien a démantelé un réseau criminel infiltré par des policiers actifs et retraités, impliqué dans des détournements de drogue, des assassinats et des extorsions. L’organisation, surnommée « Los Piratas », opérait principalement dans les vallées productrices de coca du Pérou.
- Dix-neuf personnes, dont douze policiers, ont été arrêtées dans le cadre de cette opération.
- Le cerveau présumé du réseau, un ancien officier du renseignement, continuait de diriger l’organisation depuis sa prison.
- « Los Piratas » se livraient à des « saisies » illégales de drogues appartenant à d’autres trafiquants, avant de les revendre.
Le parquet spécialisé contre le crime organisé de San Martín a porté un coup dur à un réseau criminel tentaculaire, révélant une corruption profonde au sein des forces de l’ordre péruviennes. L’opération, menée mardi dernier, a permis de démanteler l’organisation « Los Piratas », composée d’agents de police, d’anciens agents et de criminels de droit commun, tous liés à des activités illégales à grande échelle.
Au cœur de ce réseau se trouvait Carlos Miguel Gamarra Pérez, alias « Calicho », un ancien officier du renseignement de la Police Nationale du Pérou, ayant servi au sein du Groupe Terna de l’Escadron Vert de Tarapoto. Après avoir quitté la police, il a choisi, selon les enquêteurs, de mettre son expertise au service du crime organisé. Grâce à sa connaissance des itinéraires des trafiquants et des opérations policières, « Calicho » a pu orchestrer des détournements de cargaisons de drogue en collaboration avec d’autres agents et des criminels.
Malgré son incarcération en 2024, Gamarra a continué à exercer un contrôle total sur l’organisation, communiquant par téléphone et via des intermédiaires. Les écoutes téléphoniques ont confirmé son rôle central dans le réseau, le désignant comme l’« homme clé » de « Los Piratas ».
L’organisation était structurée en deux factions complémentaires. La première, dirigée par « Calicho » et composée de policiers, était responsable de la logistique, de l’accès aux informations confidentielles et de la manipulation des preuves. Ces agents simulaient des opérations officielles, utilisant des uniformes et des pièces d’identité pour intercepter les expéditions de drogue ou d’argent. La seconde faction, constituée de criminels de droit commun, se chargeait des vols, des meurtres à forfait, des extorsions et de la garde des drogues volées.
Le trafic de drogue était au cœur des activités de « Los Piratas ». Les enquêteurs ont identifié plusieurs cas de « saisies » illégales de drogues, où la faction policière fournissait la couverture légale et la faction civile commettait les violences. Entre 2021 et 2023, au moins deux événements majeurs ont été enregistrés : le détournement de 36 kilogrammes de pâte de base de cocaïne (PBC) à Las Palmeras et le vol de 10 à 12 kilos de PBC à Tocache, tous deux orchestrés par l’organisation.
« Calicho » exploitait les informations recueillies par les services de renseignement pour identifier les voies de transport et les zones de collecte utilisées par les cartels locaux, notamment dans les corridors entre Tocache, Barranquita, Huallaga et Yurimaguas, reliant les vallées productrices de coca aux ports fluviaux à destination du Brésil et de la Colombie. Ces informations étaient transformées en renseignements opérationnels pour ses subordonnés, qui menaient des attaques contre les cargaisons ou les camps de collecteurs. Les drogues étaient ensuite redistribuées ou vendues, générant des revenus pour financer l’organisation.
Le réseau était également impliqué dans des vols aggravés par la mort, des assassinats à gages et le trafic d’armes. Les armes saisies, notamment des fusils FAL, des pistolets et des munitions, provenaient souvent de la police ou de la contrebande, et étaient utilisées pour des agressions et pour protéger les expéditions de drogue. Les homicides de Jorge Dambrosio Rengifo en 2020 et du policier à la retraite Eycer Solano Valles illustrent la brutalité et la trahison dont l’organisation était capable.
🚨#LoÚltimo | Le Bureau du Procureur contre le Crime Organisé a procédé à l’arrestation judiciaire préliminaire de 19 policiers et civils, membres présumés de l’organisation criminelle « Los Piratas », vouée aux délits de tueur à gages ; vol qualifié avec décès ultérieur ; favorisant et… pic.twitter.com/Svnf9KtTlx
— Ministère public (@FiscaliaPeru) 14 octobre 2025
À l’heure actuelle, le parquet a ordonné l’arrestation préliminaire de 19 personnes, dont douze policiers et sept civils. Des perquisitions ont également été menées dans les prisons de Tarapoto, Moyobamba, Bagua et Iquitos, où certains membres continuaient à opérer. Les suspects seront détenus pendant 15 jours le temps que les enquêtes préliminaires soient menées.