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Un « membre de la Cour » acquitte ce président ? Examen de la controverse sur « l’inconstitutionnalité du système à quatre procès »

Un débat de près de quarante ans sur l'accès des citoyens à un contrôle constitutionnel des décisions de justice s'intensifie en Corée du Sud, mettant en lumière des tensions profondes entre la Cour constitutionnelle et la Cour suprême.…

Un « membre de la Cour » acquitte ce président ? Examen de la controverse sur « l’inconstitutionnalité du système à quatre procès »

Un débat de près de quarante ans sur l’accès des citoyens à un contrôle constitutionnel des décisions de justice s’intensifie en Corée du Sud, mettant en lumière des tensions profondes entre la Cour constitutionnelle et la Cour suprême. Au cœur de la controverse : la possibilité pour les justiciables de contester devant la Cour constitutionnelle les jugements rendus par les tribunaux, une procédure actuellement interdite.

La question des « recours constitutionnels » (membres du tribunal) a refait surface avec la proposition d’une réforme judiciaire visant à accroître le nombre de juges de la Cour constitutionnelle, passant de 14 à 26. Si l’augmentation du nombre de juges est un élément de la réforme, les discussions se concentrent surtout sur l’ouverture du contrôle constitutionnel aux décisions de justice.

En Corée du Sud, la Constitution attribue le pouvoir judiciaire aux tribunaux, avec la Cour suprême comme instance la plus élevée. La Cour suprême et les autres tribunaux soutiennent que soumettre leurs décisions à l’examen de la Cour constitutionnelle constituerait une violation de cette prérogative, un « système à quatre instances » inconstitutionnel. Cependant, des spécialistes du droit constitutionnel estiment que l’exclusion des jugements des recours constitutionnels est une discrimination et une atteinte au principe d’égalité devant la loi.

Actuellement, un recours constitutionnel permet à un citoyen de contester devant la Cour constitutionnelle une violation de ses droits fondamentaux par l’État, qu’il s’agisse du pouvoir législatif, exécutif ou judiciaire. Mais, en vertu de la loi sur la Cour constitutionnelle de 1988, les décisions de justice sont exclues de ce contrôle. Pour contester une décision administrative, par exemple, il faut d’abord passer par un recours devant les tribunaux, ce qui bloque ensuite l’accès au recours constitutionnel.

La Cour constitutionnelle a déjà tenté de s’affirmer dans ce domaine. En 1997, elle a annulé une décision de la Cour suprême, estimant que celle-ci n’avait pas correctement appliqué une loi que la Cour constitutionnelle avait jugée inconstitutionnelle. Plus récemment, en 2022, elle a confirmé ce principe en annulant une autre décision de la Cour suprême qui ignorait une décision antérieure de la Cour constitutionnelle.

La Cour suprême a fermement contesté ces décisions, arguant qu’elles portent atteinte à son autorité d’interprétation de la loi et risquent de créer une instabilité juridique. Elle craint qu’un contrôle constitutionnel systématique des jugements ne remette en question le rôle de la Cour suprême comme instance finale de décision.

Le Parti démocrate de Corée propose actuellement un amendement à la loi sur la Cour constitutionnelle qui ouvrirait la voie à des recours constitutionnels dans trois cas précis : lorsque le jugement viole les droits fondamentaux en contradiction avec une décision de la Cour constitutionnelle, lorsque la procédure n’a pas respecté les garanties constitutionnelles, ou lorsque la violation des droits fondamentaux est manifeste. Le Parti du pouvoir populaire critique cette proposition, affirmant qu’elle vise à acquitter l’ancien chef de l’opposition Lee Jae-myung.

« Les recours constitutionnels qui se battent pour une procédure régulière, comme les procès unilatéraux qui ne fournissent pas de possibilité d’explication, sont des types typiques de recours constitutionnels en Allemagne », a expliqué l’avocat Noh Hee-beom, ancien chercheur constitutionnel. Il prédit que l’introduction de ces recours imposerait un fardeau important aux tribunaux.

Le professeur Jeong Gwang-hyeon, spécialiste du droit constitutionnel, souligne que l’introduction de ces recours nécessiterait également une augmentation du nombre de juges de la Cour constitutionnelle et de la Cour suprême pour faire face à l’augmentation du nombre d’affaires. Il met en garde contre une surcharge de la Cour constitutionnelle, estimant qu’elle pourrait recevoir jusqu’à 19 000 nouvelles affaires par an si le taux de recours actuel était maintenu.

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À propos de l’auteur: Nicolas Lefèvre

Nicolas Lefèvre couvre l’actualité française, de la vie politique aux questions sociales et économiques. Il privilégie les explications claires, les faits datés et les informations directement utiles au lecteur.