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« Un vrai plan social » : à Toulouse, la fac Jean-Jaurès en lutte contre les coupes et la hausse des frais

Plus de 350 étudiants et personnels de l'université Toulouse Jean-Jaurès ont manifesté mardi 21 octobre pour s'opposer à un plan de suppression de postes qui menace l'avenir de plusieurs filières et la qualité de l'enseignement. La décision, qui…

« Un vrai plan social » : à Toulouse, la fac Jean-Jaurès en lutte contre les coupes et la hausse des frais

Plus de 350 étudiants et personnels de l’université Toulouse Jean-Jaurès ont manifesté mardi 21 octobre pour s’opposer à un plan de suppression de postes qui menace l’avenir de plusieurs filières et la qualité de l’enseignement. La décision, qui doit être soumise au vote à la mi-novembre, suscite une vive inquiétude au sein de la communauté universitaire.

Le cortège a démarré depuis le Grand Rond après une assemblée générale tenue en matinée sur le campus du Mirail, avant de se diriger vers l’INSPE (Institut national supérieur du professorat et de l’éducation), puis le rectorat. Les manifestants dénoncent un véritable plan social, selon Thomas Sommer, enseignant-chercheur syndiqué SNASUB-FSU : « L’université est en ébullition depuis plus de deux semaines. La moitié des postes d’enseignants et de maîtres de conférences statutaires sont menacés. Sachant qu’à l’université, 50 % des profs ont déjà le statut précaire de vacataires, il va falloir réduire les licences. »

Parmi les filières particulièrement menacées figure le parcours en langue des signes, une formation rare en France. Malo, un étudiant de ce département, témoigne de l’incertitude qui règne : « Un jour, on nous dit que le poste de maître de conférences sera maintenu, un autre, on nous dit qu’il est sacrifié. Pour fonctionner correctement, la fac a besoin d’un taux d’encadrement de 40 %. Il n’est déjà pas respecté, alors sans ce poste, ce sera intenable. »

La réduction des effectifs enseignants pourrait également avoir des conséquences directes sur les conditions d’enseignement. Perrine Lara, enseignante au département Études du monde anglophone, souligne que « certains professeurs se retrouvent déjà face à des groupes de TD surchargés, avec 47 étudiants qui ne disposent pas tous d’une chaise pour s’asseoir. On ne peut pas bien enseigner dans ces conditions, c’est impossible. »

Les syndicats s’alarment également d’une possible augmentation significative des frais d’inscription. « Une année en licence ne coûterait plus 180 euros, mais 2 500 euros. Celle en master passerait de 270 à 3 700 euros, c’est n’importe quoi », s’indigne Thomas Sommer. Ces propositions s’inscrivent dans un rapport de l’Inspection générale de l’éducation, du sport et de la recherche (IGESR) et l’Inspection générale des finances (IGF) visant à augmenter les ressources propres de l’université en multipliant par 16 les frais d’inscription.

Le plan, qui vise à combler un déficit de près de 7 millions d’euros, doit être voté à la mi-novembre. Perrine Lara appelle la présidence de l’université à prendre position : « Soit la présidente est avec nous et contre le ministère, soit l’inverse, mais elle est censée nous représenter. »

Dans un communiqué, la direction de l’université affirme que « le projet de campagne d’emploi 2026 a évolué favorablement ces derniers jours et fait l’objet d’un dialogue soutenu avec les représentants des composantes pédagogiques ». Elle dit « comprendre les inquiétudes de la communauté universitaire » mais « déplore les formes que prend parfois la mobilisation car elles empêchent les étudiants et les étudiantes de suivre leur formation dans les meilleures conditions, elles génèrent des tensions inutiles au sein de la communauté universitaire, elles nuisent fortement à l’image de l’université et, in fine, elles peuvent affaiblir considérablement l’Université dans le dialogue avec la tutelle ».

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À propos de l’auteur: Nicolas Lefèvre

Nicolas Lefèvre couvre l’actualité française, de la vie politique aux questions sociales et économiques. Il privilégie les explications claires, les faits datés et les informations directement utiles au lecteur.