Le nouveau jeu de rôle spatial The Outer Worlds 2, développé par Obsidian Entertainment, propose un univers étendu et foisonnant, mais peine à maintenir son souffle initial malgré un potentiel narratif indéniable. Disponible dès le 24 octobre 2024 pour les détenteurs de l’édition premium et le 29 octobre pour le grand public sur PlayStation 5, Xbox Series X et PC, le jeu séduit par son humour et sa liberté d’action, mais souffre d’un manque de conséquences significatives aux choix du joueur.
L’aventure débute avec l’envoi du joueur, membre de la Direction Terrestre, une organisation dédiée à la lutte contre la corruption des gouvernements et des entreprises, dans le système d’Arcadia. Ce dernier est déchiré par un conflit tripartite entre Auntie’s Choice (issue de la fusion des deux grandes corporations du premier jeu), le Protectorat (une version extrême du collectivisme) et l’Ordre de l’Ascendant (une organisation aux allures de congrégation catholique, mais basée sur les mathématiques). Au milieu de cette guerre civile, des anomalies spatio-temporelles apparaissent, tandis que le joueur doit atteindre une station de relais pour des communications urgentes.
Comme son prédécesseur, Outer Worlds 2 est un jeu de rôle à la première personne avec une histoire principale et de nombreuses quêtes secondaires réparties sur différentes planètes et zones d’exploration. La première zone, et le cheminement vers la station de relais, se distinguent par leur qualité. Le jeu propose des rencontres loufoques, comme celle d’un fermier ayant suralimenté son crabe de compagnie avec des céréales sucrées, mais ces situations mènent généralement à des découvertes utiles, ouvrant de nouvelles voies ou fournissant des informations cruciales.
L’exploration est récompensée par des détails subtils. Par exemple, il est possible de sauver un déserteur du Protectorat sur le point d’être exécuté, et même de secourir sa compagne, sans que cela ne soit lié à la quête principale. Un câble électrique dissimulé dans l’herbe mène à une entrée secrète de la station de relais, tandis qu’une autre entrée, cachée dans une grotte, peut être découverte en suivant une quête secondaire spécifique. Des personnages secondaires, apparemment insignifiants, peuvent s’avérer essentiels plusieurs heures plus tard. Un simple jouet en peluche peut même convaincre une escouade de soldats de rejoindre votre cause.
Malheureusement, Outer Worlds 2 ne parvient pas à maintenir ce niveau d’engagement. La deuxième zone de jeu, structurée de manière similaire à celles du premier Outer Worlds ou d’Avowed, se présente comme une vaste région parsemée de points d’intérêt et de quêtes secondaires. Bien que thématiquement liées au conflit entre Auntie’s Choice et l’Ordre de l’Ascendant, ces quêtes semblent isolées de l’histoire principale, tant sur le plan narratif que géographique. Les indices environnementaux qui permettaient de débloquer de nouveaux choix dans la première zone disparaissent.
Le jeu force le joueur à prendre des décisions difficiles, mais celles-ci ont rarement des conséquences réelles. Que l’on encourage des crimes de guerre ou que l’on condamne un groupe de réfugiés à la mort, l’impact se limite à quelques lignes de dialogue. Si un jeu propose des choix, il est légitime d’attendre un retour significatif, surtout après avoir constaté le potentiel narratif du titre.
La deuxième partie du jeu tente de reproduire la structure de la première planète, mais avec moins de finesse. Le concept est ambitieux : une mission interconnectée qui s’étend sur deux planètes et encourage le joueur à solliciter l’aide de différentes factions pour faciliter sa progression. Cependant, cette situation manque de tension et de compromis réels. Il est possible de mener à bien l’objectif sans l’aide de quiconque, le jeu indiquant même des itinéraires alternatifs.
Ce manque de conséquences est une constante dans Outer Worlds 2. Le jeu semble avoir peur de frustrer le joueur, en lui offrant systématiquement des solutions de contournement. Les portes verrouillées ont presque toujours plusieurs méthodes d’ouverture, ou ne contiennent rien de précieux. Si l’on ne parvient pas à pirater ou à manipuler un mécanisme, il existe généralement une carte-clé ou un terminal fournissant les informations nécessaires. Même les dilemmes moraux sont souvent résolus par des objets ou des compétences permettant de neutraliser les pénalités.
Ironiquement, c’est le système de combat qui offre le plus de liberté. Outer Worlds 2 propose un arsenal plus varié que son prédécesseur, et encourage l’expérimentation avec différents styles de jeu. Les affrontements impliquent souvent un mélange de monstres, d’humains et de robots, obligeant le joueur à élaborer une stratégie. L’arsenal est impressionnant, avec des fusils de sniper silencieux, des pistolets tirant des obus explosifs, des armes à glace, des revolvers empoisonnés et même un lance-roquettes.
En explorant une alliance optionnelle dans la deuxième partie du jeu, on découvre une expérience plus riche et immersive, où les compétences et les traits du personnage sont mis à contribution. Ces chemins alternatifs sont cependant présentés comme des bonus à découvrir lors d’une prochaine partie.
Malgré ses incohérences, Outer Worlds 2 reste un jeu agréable. L’histoire principale est solide, même si elle manque d’originalité. Le jeu aborde à nouveau les méfaits du capitalisme avec humour, mais s’intéresse davantage à l’impact de ce système sur l’individu et sa perception du monde. Cette approche s’applique également aux autres factions, et le jeu dépeint progressivement comment la cupidité et l’égoïsme humains engendrent tous les maux de la société, quelle qu’elle soit.
L’écriture est soignée et évite les écueils du premier jeu. L’objectif est de susciter une réflexion sur les parallèles entre l’univers exagéré du jeu et la réalité. Les rebondissements de l’intrigue sont prévisibles, mais l’attention portée aux personnages et à leurs relations est remarquable. Les moments clés avec les compagnons ne sont plus des conversations décisives, mais se construisent progressivement au fil des interactions, avec des possibilités de rédemption et d’erreurs.
Cependant, la réactivité du jeu reste inégale, même avec les compagnons. La tension entre leurs convictions, mise en avant au début du jeu, est souvent superficielle. À moins de commettre des actes répréhensibles envers les membres d’une faction à laquelle l’un de vos compagnons appartient, ils se contentent de faire des remarques passives-agressives.
The Outer Worlds 2 est un jeu contrasté, alternant entre des moments de narration captivants et des situations décevantes. Malgré ses défauts, il reste une expérience agréable, mais il est regrettable de voir un tel potentiel gâché.