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«La loi sur l’enveloppe jaune est un régal pour les jambes cassées»… Le signal d’alarme a sonné sur l’effondrement de l’équilibre social-patronal.

Publié le 23 octobre 2025 à 16h30. L’adoption imminente de la loi dite de « l’enveloppe jaune », visant à renforcer les droits des travailleurs sous-traitants, suscite de vives inquiétudes au sein du monde juridique et académique coréen,…

«La loi sur l’enveloppe jaune est un régal pour les jambes cassées»… Le signal d’alarme a sonné sur l’effondrement de l’équilibre social-patronal.

Publié le 23 octobre 2025 à 16h30. L’adoption imminente de la loi dite de « l’enveloppe jaune », visant à renforcer les droits des travailleurs sous-traitants, suscite de vives inquiétudes au sein du monde juridique et académique coréen, qui craignent un bouleversement de l’équilibre industriel et une instabilité accrue des relations sociales.

  • Des experts estiment que cette loi, perçue comme favorable aux syndicats, manque de fondements juridiques solides et pourrait engendrer un chaos économique.
  • Des divergences majeures sont pointées concernant la responsabilité des administrateurs d’entreprise en cas de pertes liées à des actions syndicales.
  • La définition floue du concept de « conflit du travail » pourrait compromettre la clause d’obligation de paix.

Un débat organisé à Séoul le 23 octobre par le groupe de recherche sur l’innovation en matière de droit du travail du futur et le Forum de recherche sur l’empathie, la prospérité publique et l’avancement du travail pour l’avenir, a mis en lumière les nombreuses critiques formulées à l’encontre de cette réforme législative. La loi sur l’enveloppe jaune, dont l’entrée en vigueur est prévue pour mars prochain, vise à imposer des obligations aux entreprises principales vis-à-vis de leurs sous-traitants, à élargir le champ des revendications syndicales et à limiter les recours en dommages et intérêts consécutifs à des mouvements sociaux.

Le professeur Kim Hee-seong, de la faculté de droit de l’Université nationale de Kangwon, a souligné la précipitation du processus législatif, qu’il attribue à des considérations politiques.

« La loi sur l’enveloppe jaune a progressé rapidement car le processus législatif était lié à des questions politiques »,

Kim Hee-seong, professeur à la faculté de droit de l’Université nationale de Kangwon

Il déplore l’absence de principes, de normes et de systèmes minimaux clairement définis. Il anticipe que le gouvernement tentera de pallier ces lacunes par des directives ou des manuels, mais craint que ces mesures, non juridiquement contraignantes, n’aggravent la confusion et l’instabilité dans les relations entre employeurs et syndicats.

Le professeur d’économie Cho Jun-mo, de l’université de Sungkyunkwan, a exprimé une critique encore plus sévère, qualifiant la loi de « parti pro-syndical manquant d’ordre national, d’intérêt public et de mécanismes autonomes ».

« Il existe un risque élevé que les sites industriels et l’économie tombent dans un grand chaos parce qu’il est devenu un parti avec une jambe cassée. »

Cho Jun-mo, professeur d’économie à l’université de Sungkyunkwan

Il craint un risque élevé de chaos industriel et économique.

Kang Young-gi, professeur-chercheur à l’Institut de droit de l’Université de Corée, a mis en évidence une contradiction potentielle entre la loi sur l’enveloppe jaune et la loi commerciale révisée. Selon lui, la première ne permet pas aux administrateurs d’entreprises de tenir les membres des syndicats responsables des pertes subies, tandis que la seconde leur offre la possibilité de réclamer une indemnisation en cas de préjudice causé par une action syndicale.

La communauté juridique a également soulevé des questions précises concernant l’application de la loi. L’avocat Lee Wook-rae, du cabinet Pacific, a critiqué l’idée du ministère de l’Emploi et du Travail de diviser les unités de négociation entre entreprises principales et sous-traitants, estimant qu’elle ne repose sur aucune base théorique. L’avocat Gwang-seon Lee, du cabinet Yulchon, a quant à lui plaidé pour une clarification du concept de « conflit du travail », soulignant que l’inclusion des décisions de gestion d’entreprise dans une action revendicative pourrait compromettre la clause d’obligation de paix.

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À propos de l’auteur: Amélie Bernard

Amélie Bernard traite l’économie, les entreprises, les marchés et les transformations du travail. Son approche relie les chiffres, les décisions publiques et leurs effets dans la vie quotidienne.