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La bactérie évolue au fil des années chez les patients atteints d’une infection pulmonaire, selon une étude irlandaise

Publié le 24 octobre 2025 07:30:00. Une nouvelle étude irlandaise révèle que la bactérie Mycobacterium avium, responsable d'infections pulmonaires chroniques difficiles à traiter, évolue rapidement au sein des poumons, rendant les traitements antibiotiques souvent inefficaces et favorisant les…

La bactérie évolue au fil des années chez les patients atteints d’une infection pulmonaire, selon une étude irlandaise

Publié le 24 octobre 2025 07:30:00. Une nouvelle étude irlandaise révèle que la bactérie Mycobacterium avium, responsable d’infections pulmonaires chroniques difficiles à traiter, évolue rapidement au sein des poumons, rendant les traitements antibiotiques souvent inefficaces et favorisant les réinfections.

  • La bactérie Mycobacterium avium (M. avium) mute environ une fois par an.
  • Treize gènes spécifiques montrent des signes d’adaptation aux antibiotiques, au système immunitaire et au manque d’oxygène.
  • Les réinfections par de nouvelles souches bactériennes sont plus fréquentes que les rechutes de la même infection.

Des chercheurs du Trinity Translational Medicine Institute (TTMI) et du laboratoire irlandais de référence mycobactérienne de l’hôpital St James ont mis en lumière la capacité d’adaptation de Mycobacterium avium (M. avium) chez les patients atteints d’infections pulmonaires chroniques. Cette bactérie, l’une des principales causes de ces infections, semble évoluer en temps réel dans les poumons, ce qui explique en partie la persistance de la maladie et l’échec fréquent des traitements.

L’étude, basée sur l’analyse de près de 300 échantillons bactériens provenant de patients en Irlande, au Royaume-Uni et en Allemagne – dont 20 patients irlandais suivis à l’hôpital St James – a utilisé le séquençage du génome entier pour suivre l’évolution de M. avium. Les scientifiques ont ainsi pu observer comment la bactérie change de souche et développe des résistances tout en colonisant les poumons humains.

Les résultats indiquent que les infections ne sont souvent pas dues à une seule souche bactérienne persistante, mais plutôt à des réinfections successives par de nouvelles souches. De nombreux patients ont été contaminés par différentes souches au fil du temps, suggérant une transmission environnementale plutôt qu’une simple réactivation de l’infection initiale. Il est également intéressant de noter que certaines souches irlandaises se sont révélées génétiquement très similaires à celles identifiées au Royaume-Uni et en Allemagne.

L’étude a révélé que M. avium acquiert en moyenne un nouveau changement génétique chaque année. Treize gènes en particulier ont montré des signes d’adaptation aux antibiotiques, aux défenses immunitaires de l’organisme et au stress lié au manque d’oxygène. Les chercheurs ont également observé des modifications dans un gène impliqué dans la résistance à la rifampicine chez deux patients sous ce traitement, ce qui suggère que la résistance peut se développer pendant la thérapie.

« Notre étude montre que M. avium peut évoluer en temps réel à l’intérieur du poumon. Comprendre quels gènes l’aident à survivre pourrait nous orienter vers de nouvelles cibles de traitement pour cette infection de plus en plus courante et tenace. »

Dr Aaron Walsh, chercheur au TTMI et auteur principal de l’étude

Selon le Dr Emma Roycroft, scientifique médicale spécialisée au laboratoire irlandais de référence mycobactérienne, certains des gènes identifiés n’étaient pas auparavant connus pour jouer un rôle dans la survie de M. avium.

« Par exemple, l’un est impliqué dans la gestion du stress oxydatif et l’autre dans la formation de biofilms. Cela a mis en évidence des voies importantes qui pourraient être ciblées par de nouveaux traitements. Il était également frappant de constater que les échantillons irlandais, britanniques et allemands étaient si étroitement liés, même si les patients ne s’étaient jamais rencontrés. »

Dr Emma Roycroft, scientifique médicale spécialisée

Les chercheurs prévoient maintenant de tester en laboratoire la fonction des 13 gènes identifiés et leur rôle dans la survie de M. avium. Ils étudieront également des échantillons environnementaux pour déterminer l’origine des réinfections et espèrent étendre leurs recherches à d’autres groupes de patients afin de vérifier si les mêmes tendances se confirment.

Les conclusions de cette étude ont été publiées dans la revue Médecine du génome.

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À propos de l’auteur: Thomas Caron

Thomas Caron couvre les technologies, les sciences, l’intelligence artificielle et l’innovation. Il explique les nouveautés sans jargon inutile et distingue les annonces spectaculaires des avancées réellement établies.