Le Mozambique se trouve à un tournant pour son secteur gazier. Le président mozambicain, Filipe Nyusi, se rend aux États-Unis ce samedi pour tenter de sécuriser un investissement majeur d’ExxonMobil, alors que la reprise du projet gazier Mozambique LNG, mené par TotalEnergies, semble se confirmer après des années de suspension.
La présidence mozambicaine a annoncé que Filipe Nyusi participera à des tables rondes d’affaires à Washington et Houston, au Texas, et rencontrera le vice-président américain, JD Vance. L’objectif principal de ce déplacement est de convaincre ExxonMobil de prendre une décision finale d’investissement pour le projet Rovuma LNG.
Parallèlement, un article publié samedi par le média local Zitamar indique que TotalEnergies a repris officiellement son projet Mozambique LNG, interrompu en mars 2021 suite à une attaque meurtrière de la ville de Palma, qui avait fait plus de 800 morts selon l’Acled. Cette reprise fait suite à la levée de la force majeure invoquée par le géant français des hydrocarbures.
Contactée par l’AFP, la présidence mozambicaine s’est montrée prudente, affirmant que l’information concernant la reprise du projet TotalEnergies provenait directement de l’entreprise. « Ces informations ne proviennent pas du gouvernement du Mozambique, mais de TotalEnergies. Seule TotalEnergies peut confirmer ces informations », a déclaré un porte-parole.
TotalEnergies n’a pas souhaité commenter l’information lorsqu’elle a été sollicitée par l’AFP. Le directeur général d’ExxonMobil Mozambique, Arne Gibbs, avait toutefois lié la décision finale d’investissement d’ExxonMobil à la levée de la force majeure par TotalEnergies, lors d’un forum sur l’énergie à Maputo en septembre.
Si l’entreprise italienne ENI produit déjà du gaz offshore depuis 2022, le projet Mozambique LNG de TotalEnergies, avec une capacité quatre fois supérieure, pourrait propulser le Mozambique parmi les dix premiers producteurs mondiaux de gaz. Un rapport de Deloitte, publié en 2024, estime que ces projets pourraient représenter 20 % de la production africaine d’ici 2040.
Malgré l’absence d’attaques d’une ampleur comparable à celle de Palma en 2021, l’insécurité persiste dans la province de Cabo Delgado. Selon un bulletin du 1er octobre de la protection civile et des opérations d’aide humanitaire européennes (Echo), les insurgés affiliés à l’organisation État islamique ont mené 519 attaques cette année, un chiffre record depuis le début du conflit en 2017.
À ce stade, la reprise des projets gaziers dépendra de la capacité du gouvernement mozambicain à assurer la sécurité dans la région de Cabo Delgado et à garantir un environnement stable pour les investissements.
À retenir
- Le président mozambicain se rend aux États-Unis pour obtenir un investissement d’ExxonMobil.
- TotalEnergies a apparemment repris son projet Mozambique LNG après plus de quatre ans de suspension.
- L’insécurité dans la province de Cabo Delgado reste une préoccupation majeure.
Contexte
Le Mozambique possède d’importantes réserves de gaz naturel, découvertes au large de sa côte nord. L’exploitation de ces ressources est considérée comme cruciale pour le développement économique du pays, l’un des plus pauvres au monde. Cependant, l’insurrection jihadiste dans la province de Cabo Delgado a freiné les investissements et retardé le développement de ces projets.
Ce qui change
La reprise des projets gaziers pourrait transformer l’économie mozambicaine, générer des revenus importants pour l’État et créer des emplois. Cependant, elle pourrait également exacerber les inégalités sociales et environnementales si elle n’est pas gérée de manière responsable.
Prochaines étapes
Il faudra surveiller la décision finale d’investissement d’ExxonMobil et la mise en œuvre effective de la reprise du projet Mozambique LNG par TotalEnergies. L’évolution de la situation sécuritaire dans la province de Cabo Delgado sera également déterminante.
Chiffres clés
- Nombre de morts (attaque de Palma, 2021): Plus de 800
- Nombre d’attaques (2023, au 1er octobre): 519
- Capacité du projet Mozambique LNG (TotalEnergies): Quatre fois supérieure à celle du site offshore d’ENI
- Contribution potentielle à la production africaine de gaz (2040): 20 %
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