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Ce que cela dit et quelle est la situation de la Suisse

by Amélie Bernard

Publié le 25 octobre 2025 à 18h43. L’indice Big Mac, créé par le magazine The Economist, permet d’évaluer si les monnaies sont surévaluées ou sous-évaluées en comparant le prix de ce burger emblématique dans différents pays.

  • En janvier 2025, un Big Mac coûtait 7,99 dollars américains (environ 7,15 euros) en Suisse, soit 38 % de plus que son prix aux États-Unis.
  • À l’inverse, en Inde, le même burger ne coûtait que 2,62 dollars américains (environ 2,35 euros), ce qui suggère une sous-évaluation du dollar taïwanais de près de 55 %.
  • L’indice Big Mac, bien que critiqué, reste un indicateur économique populaire pour analyser le pouvoir d’achat et les taux de change.

Le Big Mac de McDonald’s est bien plus qu’un simple hamburger. C’est un baromètre économique mondial, un indicateur insolite mais prisé par les économistes pour évaluer la valeur des monnaies. L’idée est simple : si la théorie de la parité de pouvoir d’achat (PPA) est respectée, un même produit devrait coûter le même prix partout dans le monde, une fois converti dans la devise locale. L’indice Big Mac, inventé en 1986 par le magazine britannique The Economist, permet de tester cette théorie.

Le principe est le suivant : on compare le prix d’un Big Mac dans différents pays, converti en dollars américains. Si le prix est plus élevé que ce qu’il devrait être en fonction du taux de change officiel, la monnaie locale est considérée comme surévaluée. Inversement, si le prix est plus bas, la monnaie est sous-évaluée. Les données sont publiées semestriellement, en janvier et en juillet.

Prenons un exemple concret. En juillet 2025, un Big Mac coûtait 5,67 euros en Allemagne et 5,79 dollars américains (USD) aux États-Unis. Selon l’indice, le taux de change « juste » entre l’euro et le dollar serait alors d’environ 0,98 EUR pour 1 USD, ou 1,02 USD pour 1 EUR. Si le taux de change réel s’écarte de cette valeur, cela indique une possible sur- ou sous-évaluation de l’une des monnaies.

Au 1er janvier 2025, le taux de change officiel était d’environ 0,95 EUR pour 1 USD. Cela signifie qu’un Big Mac coûtait 5,95 USD en zone euro, alors qu’il ne coûtait que 5,79 USD aux États-Unis. Les économistes en ont donc conclu que l’euro était surévalué de 2,8 % par rapport au dollar.

L’indice Big Mac propose une comparaison pour de nombreuses devises à travers le monde. En Suisse, par exemple, un Big Mac coûtait l’équivalent de 7,99 dollars américains en janvier 2025, soit bien plus qu’aux États-Unis. Le franc suisse était donc considéré comme surévalué de 38 % par rapport au dollar. À l’inverse, en Inde, le prix était de seulement 2,62 dollars américains, indiquant une sous-évaluation du dollar taïwanais de près de 55 %.

Cependant, l’indice Big Mac n’est pas sans critiques. Certains experts soulignent qu’il ne tient pas compte des différences de niveau de vie et de productivité entre les pays. Un Big Mac coûtera naturellement plus cher en Suisse qu’en Inde, car les salaires et le coût de la vie y sont plus élevés.

Pour pallier cette lacune, The Economist propose une version ajustée de l’indice, qui prend en compte le revenu par habitant de chaque pays. Cette version permet d’obtenir des résultats plus précis, mais les écarts restent significatifs. Par exemple, le franc suisse serait surévalué d’environ 43 % (au lieu de 38 %) et l’euro de près de 17 % (au lieu de 2,8 %). Ces différences s’expliquent notamment par des taxes, des coûts énergétiques ou des réglementations plus strictes en matière de qualité des aliments.

Outre le Big Mac, d’autres indices similaires existent, comme le « Mini Mac Index », qui utilise le prix d’un iPad mini, ou le « Billy Index », basé sur le prix d’une étagère Billy d’Ikea. Ces indices se concentrent davantage sur le commerce international, car les prix de ces produits sont moins influencés par les salaires locaux et davantage par les taux de change, les coûts de transport et les stratégies des entreprises.

En définitive, l’indice Big Mac reste un outil intéressant pour comprendre les dynamiques monétaires et les différences de pouvoir d’achat à l’échelle mondiale, même s’il ne doit pas être considéré comme une vérité absolue.

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