Dans le secret des archives de la CIA, des documents récemment déclassifiés révèlent une tentative audacieuse de déstabiliser l’Union soviétique dans les années 1950 : recruter Winston Churchill, l’ancien Premier ministre britannique, pour diffuser de la propagande via Radio Liberty.
L’agence américaine espérait exploiter la notoriété de Churchill, figure emblématique de l’anticommunisme, pour semer le doute au sein des populations soviétiques. L’objectif était de saper la stabilité politique de Moscou en encourageant la « pensée hérétique » et en remettant en question les fondements du marxisme-léninisme. Selon un document de la CIA cité, les programmes devaient « stimuler la pensée hérétique » et « saper la confiance dans toute forme de marxisme en suggérant que ses hypothèses de base, sa méthode historique et ses prédictions sont fausses. »
Radio Liberty, financée par la CIA, était l’une des deux stations de radio secrètement contrôlées par l’agence pendant la Guerre froide. Sa mission était de diffuser de la propagande en direction de l’Union soviétique, tandis que Radio Free Europe se concentrait sur les pays alliés de Moscou. Ces deux entités ont fusionné en 1976 pour devenir RFE/RL.
En 1958, les responsables de Radio Liberty ont identifié une opportunité dans le « révisionnisme » qui émergeait à l’époque, tirant parti des divisions idéologiques au sein du bloc communiste. Ils souhaitaient encourager l’émergence d’États communistes indépendants plutôt qu’un bloc soviétique uni. Churchill, alors âgé de 83 ans et retiré de la vie politique active, figurait parmi les personnalités ciblées pour participer à ces émissions.
Bien que connu pour son discours virulent contre le « Rideau de fer » prononcé en 1946, Churchill n’a jamais donné suite à l’invitation de la CIA. Il a décliné une offre de visite à Washington au printemps 1958, invoquant des raisons de santé. Il entretenait des relations personnelles avec Alan Dulles, alors directeur de l’agence, mais n’a pas accepté de participer au programme de propagande.
Le financement de RFE/RL par Washington s’est poursuivi, via l’Agence américaine pour les médias mondiaux (USAGM), jusqu’aux récentes coupes budgétaires décidées par l’administration Trump. Le mois dernier, l’USAGM a annoncé la suppression de plus de 500 postes, après une vague de licenciements amorcée quelques mois auparavant.