L’ouragan Melissa, rapidement en intensification, menace les Caraïbes de pluies torrentielles et de glissements de terrain potentiellement mortels. La Jamaïque et le sud d’Hispaniola (Haïti et République dominicaine) sont particulièrement vulnérables, tandis que Cuba et les Bahamas sont appelées à suivre l’évolution de la situation.
Samedi soir, l’ouragan de catégorie 2 se trouvait à environ 250 miles (400 kilomètres) au sud-ouest de Port-au-Prince, en Haïti, et se déplaçait à seulement 3 miles par heure (5 kilomètres par heure) avec des vents soutenus de 100 miles par heure (160 kilomètres par heure). Cette lente progression, selon les prévisionnistes, va exacerber les risques d’inondations et prolonger la durée des impacts sur la région.
Une alerte à l’ouragan est en vigueur pour Haïti, de sa frontière avec la République dominicaine jusqu’à Port-au-Prince. La Jamaïque est également placée en alerte maximale. Les autorités jamaïcaines ont souligné l’urgence de la préparation face à une tempête qui pourrait s’avérer plus dévastatrice que l’ouragan Wilma en 2005.
« Il va rester là à verser de l’eau alors qu’il bouge à peine. Et c’est un défi important dont nous devons être conscients », a déclaré Evan Thompson, directeur du service météorologique de la Jamaïque. « Cela va provoquer des inondations importantes, généralisées, catastrophiques et potentiellement mortelles, aussi longtemps que ce qui est prévu se produit. »
Le Centre national des ouragans de Miami prévoit que Melissa touchera terre en Jamaïque au début de la semaine prochaine. Des cumuls de précipitations de 15 à 30 pouces (380 à 760 millimètres) sont attendus en Jamaïque et dans certaines parties du sud d’Hispaniola d’ici le milieu de semaine, avec des pics locaux pouvant atteindre 40 pouces (1 016 millimètres).
En République dominicaine, au moins une personne a déjà perdu la vie à cause des fortes pluies. En Haïti, on fait état de trois décès potentiels liés à un glissement de terrain et à la chute d’un arbre. Le Centre national des ouragans décrit les risques d’inondations soudaines et de glissements de terrain dans le sud-ouest d’Haïti comme « catastrophiques et mettant la vie en danger ».
Face à cette menace, la Commission nationale de l’eau de la Jamaïque a activé ses protocoles d’urgence. L’approvisionnement en eau des hôpitaux, des foyers pour enfants et des établissements pénitentiaires sera prioritaire en cas de perturbations. Les habitants ont également été mis en garde contre le risque de voir des crocodiles être déplacés par les inondations.
Par ailleurs, la marine américaine a ordonné l’évacuation du personnel non essentiel et des familles de la base de Guantanamo Bay, à Cuba, où des conditions d’ouragan sont prévues de mardi à mercredi, avec des précipitations pouvant dépasser un pied (environ 300 millimètres). Les autorités exhortent également l’est de Cuba, le sud-est des Bahamas et les îles Turques et Caïques à suivre de près l’évolution de l’ouragan Melissa.
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