Publié le 26 octobre 2023 14h35. Le Premier ministre kosovar, Albin Kurti, a échoué à obtenir la confiance du Parlement pour former un nouveau gouvernement, plongeant le Kosovo dans une crise politique et ouvrant la voie à des élections anticipées.
- Le Premier ministre sortant, Albin Kurti, n’a recueilli que 56 voix sur 120 au Parlement.
- La présidente Vjosa Osmani devra maintenant proposer un nouveau candidat au poste de Premier ministre.
- L’incapacité à former un gouvernement pourrait conduire à des élections anticipées dans le pays.
L’échec de la motion de confiance pour le gouvernement dirigé par Albin Kurti, chef du parti de l’Autodétermination (Vetëvendosja), est survenu après des négociations infructueuses avec les partis d’opposition. Kurti, qui restait Premier ministre par intérim, avait souligné l’urgence de former un gouvernement stable, affirmant devant les parlementaires que chaque jour sans exécutif était « un jour de perte pour le développement, pour les citoyens, pour l’État ».
Lors des élections législatives de février dernier, le parti de l’Autodétermination était resté la force politique dominante, obtenant 48 sièges sur 120. Cependant, ce résultat représentait un recul par rapport aux 58 sièges remportés lors du scrutin précédent, l’obligeant à rechercher des alliances pour atteindre la majorité parlementaire. Ces tentatives se sont heurtées à des désaccords et à des blocages, notamment en raison des divisions au sein du Parlement.
Les partis d’opposition ont refusé de rejoindre un gouvernement dirigé par Kurti, lui reprochant une politique qu’ils estiment avoir éloigné le Kosovo de ses alliés traditionnels, l’Union européenne et les États-Unis. Ils ont également critiqué sa gestion de la situation dans le nord du Kosovo, une région à majorité serbe. Des analystes politiques estiment que Kurti a consolidé son soutien populaire lors des élections de février en adoptant une ligne ferme visant à renforcer le contrôle gouvernemental sur cette région.
Albin Kurti, décrit par l’agence Reuters comme un nationaliste albanais de gauche, est arrivé au pouvoir en 2021, après la victoire de la coalition dirigée par le parti de l’Autodétermination, qui avait alors obtenu plus de 50 % des voix. La présidente Osmani devra maintenant proposer un nouveau candidat au poste de Premier ministre lors d’un second vote au Parlement. Il n’est pas encore certain si elle maintiendra sa confiance à Kurti ou si elle proposera un autre nom issu de l’opposition. Si le Parlement ne parvient pas à approuver un gouvernement, même lors de cette seconde tentative, des élections anticipées deviendront inévitables.
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