Home AffairesLa hausse des impayés sur cartes de crédit ravive le spectre de la crise de 2008

La hausse des impayés sur cartes de crédit ravive le spectre de la crise de 2008

by Amélie Bernard

Publié le 26 octobre 2025 22:52:00. L’augmentation inquiétante des impayés sur les cartes de crédit aux États-Unis, atteignant un niveau jamais vu depuis 2008, alerte les observateurs et pourrait signaler un affaiblissement de la consommation, fragilisé par l’inflation et la hausse des taux d’intérêt.

  • Les impayés de plus de 90 jours sur les cartes de crédit ont dépassé les 12 %, un pic depuis 14 ans.
  • Cette situation s’accompagne d’une augmentation des défauts de paiement sur les prêts automobiles, signe d’une pression financière croissante sur les ménages.
  • Le gouverneur de la Banque d’Angleterre, Andrew Bailey, a souligné des similitudes avec la période précédant la crise financière de 2008.

Les signaux d’alerte se multiplient outre-Atlantique. La Réserve fédérale de New York a récemment publié des données révélant une hausse significative des défauts de paiement sur les cartes de crédit. Plus de 12 % des soldes sont désormais impayés depuis plus de 90 jours, un niveau que les États-Unis n’avaient plus connu depuis 2008, et seulement deux points de pourcentage en dessous du pic atteint lors de la crise financière.

Cette augmentation des impayés n’est pas un phénomène isolé. Elle reflète une pression financière grandissante sur les foyers américains, contraints de recourir au crédit pour maintenir leur niveau de consommation dans un contexte d’inflation persistante et de taux d’intérêt élevés. Les ménages sont de plus en plus à bout de souffle, et cette situation pourrait rapidement se traduire par un ralentissement de l’économie.

Un écho du passé

En 2008, l’augmentation des défauts de paiement n’avait pas été la cause initiale de la crise, mais elle avait constitué un indicateur précoce de l’épuisement des capacités financières de millions d’Américains. Une situation comparable semble se dessiner aujourd’hui. L’augmentation des impayés sur les cartes de crédit témoigne d’un durcissement de la charge financière pesant sur les familles, d’une diminution des liquidités disponibles et d’un risque de détérioration accélérée de la demande intérieure.

Lorsque les consommateurs cessent de rembourser leurs cartes de crédit, les banques resserrent généralement les conditions d’octroi de crédit, limitant ainsi l’accès au financement. Cet effet domino peut freiner l’activité économique, affecter le commerce et affaiblir la croissance.

Une dégradation qui s’étend à d’autres secteurs

Le stress financier ne se limite pas aux cartes de crédit. Les défauts de paiement sur les prêts automobiles sont également en hausse. Ces secteurs sont traditionnellement considérés comme sensibles au cycle économique, c’est-à-dire qu’ils réagissent rapidement lorsque la consommation commence à fléchir.

La tendance est claire : les familles américaines dépensent au-delà de leurs moyens, finançant leur consommation par l’endettement dans un environnement monétaire qui rend cet endettement de plus en plus coûteux.

L’avertissement de Londres

Dans ce contexte, les déclarations d’Andrew Bailey, gouverneur de la Banque d’Angleterre, prennent une importance particulière. Bailey a explicitement souligné que plusieurs indicateurs actuels rappellent la période précédant la crise de 2008.

« Plusieurs indicateurs actuels rappellent la période précédant la crise de 2008. »

Andrew Bailey, Gouverneur de la Banque d’Angleterre

Lorsque l’une des autorités financières les plus influentes au monde établit ce parallèle, le message est clair : la complaisance n’est pas une option.

Un nouvel effondrement ? Pas encore, mais les signes sont sérieux

La situation actuelle n’est pas identique à celle de 2008. La réglementation bancaire est plus stricte, les bilans des banques sont plus solides et les banques centrales disposent de davantage d’outils pour intervenir. Cependant, le risque ne réside pas dans une répétition exacte de la crise passée, mais dans l’émergence d’une nouvelle crise, avec une dynamique différente, alimentée par un crédit à la consommation insoutenable, un coût du financement élevé, un refroidissement progressif de l’économie et une confiance des consommateurs en berne.

  • Crédit à la consommation insoutenable.
  • Coût financier élevé.
  • Refroidissement progressif de l’économie.
  • La confiance s’est affaiblie.

Comment se préparer dans ce scénario ?

Pour les particuliers :

  • Évitez le surendettement.
  • Constituez des réserves de liquidités.
  • Passez en revue les dépenses récurrentes.

Pour les investisseurs et les gestionnaires :

  • Réévaluez l’exposition à l’endettement des consommateurs.
  • Privilégiez les actifs défensifs.
  • Renforcez l’analyse des risques et la sensibilité macroéconomique.

La clé est d’anticiper, et non de réagir après coup.

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