Home NouvellesMichel Le Van Quyen démontre que le silence régénère le cerveau

Michel Le Van Quyen démontre que le silence régénère le cerveau

by Nicolas Lefèvre
Michel Le Van Quyen démontre que le silence régénère le cerveau

Le silence n’est pas une simple absence de bruit, mais une nécessité biologique fondamentale pour le fonctionnement et la récupération du cerveau. Selon Michel Le Van Quyen, directeur de recherches à l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm) à Paris, faire taire les bruits externes est essentiel pour retrouver un calme intérieur permettant l’organisme de se régénérer.

Les mécanismes physiologiques de la régénération

L’impact du calme sur le corps est quasi immédiat. Le neuroscientifique explique qu’après seulement deux minutes dans un endroit calme, les battements cardiaques et la respiration ralentissent, tandis que les hormones de stress diminuent. Ce processus permet à l’ensemble du corps, y compris le cerveau, de se régénérer.

Sur le plan neurologique, le silence favorise des phénomènes physiologiques précis :

  • Une restructuration des synapses, qui sont les connexions entre les neurones.
  • La création de nouveaux neurones, un phénomène observé lors d’études récentes menées sur des souris placées dans un environnement silencieux.
  • L’activation du système parasympathique, qui place le cerveau dans un état de déconnexion propice à la récupération.

L’évacuation des toxines et le système glymphatique

Le besoin de silence et de repos est également lié à la gestion des déchets cérébraux. Lorsque le cerveau fonctionne à plein régime, il consomme beaucoup de glucose, ce qui génère des protéines s’accumulant comme des détritus. Comme le cerveau ne possède pas de système lymphatique, il utilise le système « glymphatique », découvert en 2012 par la chercheuse américaine Maiken Nedergaard.

Ce système utilise le liquide céphalo-rachidien, via les cellules gliales, pour évacuer les toxines. Ce processus de « douche » cérébrale est plus efficace durant le repos et le sommeil. Selon les recherches présentées par Michel Le Van Quyen, le calme et le sommeil pourraient constituer des pistes thérapeutiques pour ralentir la maladie d’Alzheimer, laquelle est liée à l’accumulation de protéines dans le cerveau.

Lutte contre la surcharge cognitive et le stress

Dans un contexte d’« économie de l’attention » où les entreprises du numérique cherchent à accaparer l’attention des utilisateurs, le cerveau s’épuise. Ce phénomène est particulièrement visible dans les open spaces. Michel Le Van Quyen cite les travaux de la chercheuse Gloria Mark, dont les conclusions indiquent que la concentration d’un salarié sur une tâche est interrompue en moyenne toutes les 11 minutes, nécessitant environ 25 minutes pour s’y reconcentrer.

Cette accumulation d’interruptions crée une « surcharge cognitive » qui peut provoquer un sentiment de saturation, voire une douleur physique. Le silence devient alors un outil fondamental pour :

  • Favoriser la concentration et la mémoire.
  • Soutenir la créativité et la construction de soi.
  • Réduire la charge cognitive et le niveau de stress, comme l’a démontré une expérience de 2021 réalisée par la société Trust Source sur 59 participants.

L’influence de l’environnement et solutions pratiques

L’environnement naturel joue un rôle décisif dans le bien-être. Dans son ouvrage Cerveau et nature, le chercheur souligne l’importance des espaces verts. Des lieux comme la forêt permettent au système cardiovasculaire d’être moins sous pression, réduisant ainsi les effets négatifs du stress.

Michel Le Van Quyen démontre que le silence régénère le cerveau
Photo: Letemps

Pour intégrer ce besoin de silence au quotidien, plusieurs solutions sont suggérées :

  • L’utilisation de casques antibruit ou la pratique de marches solitaires en lieu calme.
  • La « diète médiatique », consistant à se couper des réseaux sociaux et des médias pendant un temps défini pour libérer l’espace mental.
  • La méditation en détournant le regard de l’écran.
  • Le recours aux « quiet parks », des espaces verts dédiés au silence où seules la faune et la flore sont audibles.

🤫 Michel Le Van Quyen – Le pouvoir du silence

You may also like

Leave a Comment