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IPE | Les prêts Mype chutent de 12% à Lima et Callao avec une augmentation des extorsions | ÉCONOMIE

Publié le 26 octobre 2025 12:55:00. L’inclusion financière, pilier du développement économique péruvien, peine à se généraliser : seulement un tiers de la population aura accès au crédit formel d’ici 2024. Les portefeuilles numériques offrent une voie prometteuse…

IPE | Les prêts Mype chutent de 12% à Lima et Callao avec une augmentation des extorsions | ÉCONOMIE

Publié le 26 octobre 2025 12:55:00. L’inclusion financière, pilier du développement économique péruvien, peine à se généraliser : seulement un tiers de la population aura accès au crédit formel d’ici 2024. Les portefeuilles numériques offrent une voie prometteuse pour surmonter les obstacles structurels qui freinent cet accès.

  • Malgré une quasi-doublage de la possession de comptes bancaires en dix ans, l’accès au crédit reste limité à 30 % de la population péruvienne.
  • Les microentreprises, qui représentent 99 % du tissu économique du pays, sont particulièrement touchées par ce manque d’accès au financement.
  • Les innovations technologiques, notamment les portefeuilles numériques, pourraient stimuler l’inclusion financière, mais des défis persistent en matière de connectivité et d’éducation financière.

L’inclusion financière est reconnue comme un facteur clé de croissance économique, permettant d’accroître la consommation, l’épargne et l’investissement. Pourtant, au Pérou, l’accès au système financier formel reste inégalement réparti. Alors que la proportion d’adultes possédant un compte bancaire a presque doublé au cours de la dernière décennie, passant de 29 % à 57 %, l’accès au crédit n’a progressé que marginalement, se stabilisant autour de 30 %.

Cette situation est particulièrement préoccupante pour les petites entreprises. Seule une microentreprise sur quatre parvient à obtenir un financement, contre plus de la moitié des petites et moyennes entreprises (PME). Une étude menée par Produce et la Sunat révèle que la grande majorité des microentreprises (96 %) sont restées dans la même catégorie de taille au cours de la dernière décennie, tandis que 93 % des PME ont soit stagné, soit ont même régressé.

Plusieurs obstacles structurels expliquent ces difficultés. L’informalité, qui concerne sept emplois sur dix, rend difficile la justification des revenus auprès des institutions financières. De plus, le manque d’informations fiables sur les entreprises complique les évaluations de crédit, incitant les entités de microfinance à recourir à des visites sur place, ce qui augmente leurs coûts opérationnels et, par conséquent, les taux d’intérêt.

Le manque d’éducation financière constitue également un frein majeur. Selon une évaluation de l’OCDE datant de 2021, les microentrepreneurs péruviens ont obtenu un score de 59 sur 100 à un test de culture financière, ce qui représente la performance la plus faible parmi les 14 pays analysés, y compris le Brésil (69) et le Mexique (64). En 2022, seulement un adulte sur cinq était capable de calculer un taux d’intérêt simple, selon la SBS.

La criminalité, et notamment les extorsions, aggrave encore la situation. Face aux menaces de violence et aux demandes de rançons dans certains quartiers de Lima et Callao, plusieurs entités de microfinance ont suspendu les visites de leurs conseillers, indispensables à l’évaluation et à l’octroi des prêts. Selon les estimations de l’IPE, les crédits ont diminué de 12 % dans les districts de Lima et Callao en août 2025, en raison d’une augmentation de plus de 100 % des plaintes pour extorsion.

Les innovations technologiques, et en particulier les portefeuilles numériques, offrent une solution potentielle. Depuis juin, ces portefeuilles représentent plus de 70 % des transactions de détail, dépassant les cartes de débit et de crédit. Ils génèrent des historiques de transactions qui peuvent être utilisés pour évaluer la capacité de remboursement des petites entreprises et des particuliers. Yape, par exemple, a accordé des microcrédits à plus de 3 millions d’utilisateurs au cours des deux dernières années grâce à cette approche.

Une enquête de l’OCDE prévoit que 52 % des adultes péruviens auront effectué ou reçu un paiement numérique en 2025. Bien que ce chiffre ait plus que doublé depuis 2014 (23 %), il reste inférieur aux niveaux observés au Brésil (77 %) et en Argentine (72 %). L’extension de l’utilisation de ces portefeuilles, ainsi que le développement de leurs programmes de microcrédit numérique, pourraient contribuer à une plus grande inclusion financière.

Cependant, un écart persiste entre les zones urbaines et rurales. Alors qu’un tiers des habitants de Lima utilisent les paiements numériques pour leurs transactions quotidiennes, ce chiffre ne dépasse pas 7 % dans les zones rurales.

Pour maximiser l’impact de ces innovations, des politiques publiques sont nécessaires. Il est essentiel de combler les lacunes en matière de connectivité numérique, de reprendre la mise en œuvre des mesures proposées dans la Politique Nationale d’Inclusion Financière, notamment en matière d’éducation financière, d’abroger la réglementation qui fixe des plafonds aux taux d’intérêt établis par la BCR, et d’accélérer la mise en place d’un système de « banque ouverte », qui favoriserait une plus grande diversité de produits et de services financiers pour les consommateurs.

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À propos de l’auteur: Amélie Bernard

Amélie Bernard traite l’économie, les entreprises, les marchés et les transformations du travail. Son approche relie les chiffres, les décisions publiques et leurs effets dans la vie quotidienne.