Publié le 28 octobre 2025 08:07:35. Après six ans de blocage, le Parlement européen exprime son impatience face à l’absence de décision concernant la fin du changement d’heure saisonnier et demande des comptes à la Commission et au Conseil européens.
- Une vaste consultation publique en 2018 a révélé que 84 % des Européens souhaitaient l’abandon du changement d’heure.
- La proposition de suppression de l’heure d’été, votée par le Parlement européen en 2019, est actuellement bloquée au Conseil de l’Union européenne.
- La présidence danoise du Conseil a demandé une nouvelle analyse d’impact, ce qui pourrait retarder encore davantage une décision.
L’initiative visant à mettre fin au changement d’heure, une pratique détestée par une large majorité de citoyens européens, est au point mort. En 2018, la Commission européenne avait lancé une consultation à grande échelle pour sonder l’opinion publique sur cette question. Le résultat fut sans appel : sur les 4,6 millions de personnes ayant participé, 84 % se sont prononcés en faveur de l’abandon de l’heure d’été et de l’heure d’hiver.
Fort de ce soutien populaire sans précédent, le Parlement européen a adopté une résolution en mars 2019, ouvrant la voie à la suppression du changement d’heure. L’idée était de laisser chaque État membre choisir de manière permanente l’heure d’été ou l’heure d’hiver. Cependant, depuis lors, la proposition est restée coincée au Conseil de l’Union européenne, où les gouvernements des 27 doivent se mettre d’accord.
Les États membres n’ont jusqu’à présent pas réussi à parvenir à un consensus, malgré plusieurs tentatives de relance, notamment une initiative récente de l’Espagne. La situation s’est compliquée avec l’arrivée de la présidence danoise du Conseil, qui exige désormais une analyse d’impact détaillée des conséquences de cette mesure. Bruxelles travaille actuellement sur ce rapport, qui se concentrera sur les effets potentiels sur le marché unique, un pilier de l’Union européenne.
Cette nouvelle demande d’analyse risque de prolonger la paralysie pendant des mois, voire des années. La forte volonté des citoyens européens semble s’être perdue dans les méandres de la bureaucratie et l’absence d’accord politique. À tel point que la suppression de l’heure d’été ne figure plus parmi les priorités de la Commission européenne pour 2026, transformant cet exercice de participation citoyenne en un simple souvenir.
Editeur : Marina Constantinoïu