Publié le 29 octobre 2025 13:35:00. Le métro londonien, labyrinthe souterrain prisé par des millions de passagers chaque jour, abrite une faune insoupçonnée, des souris particulièrement résistantes aux contraintes de la vie souterraine à un moustique singulier, vestige d’un passé plus lointain qu’on ne le pense.
- Près de 500 000 souris domestiques prospèrent dans les tunnels du métro londonien, adaptées au bruit et à la recherche constante de nourriture.
- Le « moustique du métro de Londres », longtemps considéré comme une espèce locale, est en réalité un descendant d’une population originaire du Moyen-Orient, apparue il y a plus de 2 000 ans.
- Des études récentes montrent que les souris du métro développent une résistance accrue au stress, notamment avec l’introduction du métro nocturne.
Sous la vibrante capitale anglaise, un monde à part entière se cache dans les entrailles du métro londonien. Si les voyageurs apprécient rarement l’ambiance bruyante, bondée et parfois imprégnée d’une odeur de brûlé, cet environnement extrême est devenu le refuge d’espèces animales étonnamment adaptées. Parmi elles, la souris domestique (Mus musculus) est sans doute la plus visible.
On estime à près de 500 000 le nombre de rongeurs qui parcourent les voies ferrées et les quais. Le professeur William Wisden, de l’Imperial College de Londres, souligne leur incroyable résilience :
« Les souris du métro sont parmi les plus coriaces de leur espèce. Elles recherchent de la nourriture sur les voies ferrées, survivent au bruit assourdissant des trains de métro et échappent aux efforts de Transport for London (TfL) pour les éradiquer. »
Professeur William Wisden, Imperial College de Londres
Les recherches du professeur Wisden sur l’histamine et le GABA, des neurotransmetteurs impliqués dans le sommeil, suggèrent que ces souris pourraient même développer une résistance accrue au stress, notamment avec l’introduction du métro nocturne. Cette adaptation pourrait toutefois se faire au prix d’une vie encore plus courte et plus difficile.
Mais les souris ne sont pas les seuls habitants insolites de ce monde souterrain. Un autre visiteur, plus redouté, a également élu domicile dans les tunnels : le « moustique du métro de Londres » (Culex pipiens forme molestus). Longtemps considéré comme une espèce locale, ce moustique a fait l’objet d’une étude génétique récente qui a révélé ses origines surprenantes.
Contrairement aux idées reçues, ce moustique ne s’est pas adapté à la vie souterraine au cours des dernières décennies. Une étude publiée dans la revue Science a démontré qu’il descend d’une population originaire du Moyen-Orient, apparue il y a plus de 2 000 ans. Cette population s’est spécialisée dans la consommation de sang humain, ce qui explique son appétit particulier pour les passagers du métro.
Le Dr Erica McAlister, conservatrice principale au Musée d’histoire naturelle de Londres, explique l’importance de ces découvertes :
« Alors que nous traversons l’urgence planétaire, comprendre comment et pourquoi les espèces s’adaptent aux environnements urbains est fondamental pour prédire les changements écologiques potentiels et les risques de maladie. »
Dr Erica McAlister, Musée d’histoire naturelle de Londres
Le métro londonien, avec ses tunnels et ses stations, n’est pas un cas isolé. D’autres espèces, comme les cafards et les araignées des cavernes, prospèrent également dans les infrastructures souterraines britanniques. Pour ceux qui s’intéressent à la vie souterraine extrême, une grotte récemment découverte abrite une incroyable collection d’invertébrés momifiés et sans yeux.
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