Publié le 29 octobre 2025 13h59. Dans cinq communes néerlandaises, dont Alphen aan den Rijn, les électeurs expérimentent un nouveau bulletin de vote conçu pour simplifier le processus électoral, mais suscite des interrogations sur l’anonymat et la clarté du choix.
À Alphen aan den Rijn, le dépouillement des bulletins de vote se déroule sans heurts. « Savez-vous comment fonctionne le nouveau scrutin ? », interroge régulièrement Frank Maurits, le président du bureau de vote, notamment auprès des nombreux seniors venus voter ce mercredi matin. La plupart affirment connaître le fonctionnement de ce nouveau dispositif, mis en place pour ces élections à la Chambre des Représentants, après une première expérimentation lors des élections européennes de l’année dernière.
Les habitants d’Alphen ne reçoivent plus le formulaire standard, mais une feuille compacte au format A3. Au sommet figurent les noms des partis politiques. En dessous, un système de numérotation est mis en place : les électeurs doivent cocher deux cases rouges, correspondant à un parti et à un numéro de candidat de leur choix. Des listes de noms par parti sont disponibles dans les isoloirs pour faciliter le choix.
« Je cherchais depuis un moment », confie Cees Pont, un chauffeur de camion retraité. Il n’était pas familier avec ce test, mais se montre résigné : « Mais je comprends qu’on n’arrête pas les changements. Si c’est comme ça, c’est comme ça. » Il a choisi de voter pour Jan Struijs, le chef du parti 50Plus, et sa femme. « Je pense qu’il aurait trouvé cela un peu plus difficile », plaisante-t-il.
Ce nouveau système est une réponse aux inquiétudes concernant la sécurité du vote numérique, qui avait été utilisé aux Pays-Bas avec des ordinateurs de vote. Le Conseil Électoral a donc opté pour cette simplification analogue. Marjan Wouters, 75 ans, professeure à la retraite, estime que ce nouveau bulletin est un « bon système », bien plus clair que les anciens bulletins qualifiés de « rouleau de papier peint » ou de « serviette de bain ». Vera Weterings, 35 ans, archiviste, souligne qu’il « évite beaucoup de plis ».

Le bulletin de vote plus compact est expérimenté à Alphen aan den Rijn, Boekel, Borne, Midden-Delfland et Tynaarlo.
Photo Gouvernement National
Noursen, 26 ans, préfère ne pas divulguer son nom de famille, estime que le nouveau système est « beaucoup plus clair ». Elle a choisi la première femme de son parti : « Je ne dirai pas laquelle. Je savais où c’était, mais je devais quand même vérifier. » Mme Vermeulen se dit heureuse d’avoir pu voter pour le chef de son parti, car « sinon, j’aurais dû chercher ».
Cependant, ce nouveau mode de scrutin soulève des objections de principe. John Bijl, directeur de l’Institut Perikles, qui accompagne les conseils municipaux et les hommes politiques, souligne que « nous votons pour un candidat, pas pour un parti ». Il craint que cette simplification ne rende les candidats moins identifiables et donc, « contraire à l’esprit de la démocratie parlementaire néerlandaise ».
Pour les responsables du bureau de vote d’Alphen aan den Rijn, l’avantage principal réside dans la facilité du dépouillement. Les anciens bulletins devaient être entièrement dépliés et aplatis avant le comptage. « Vous n’étiez qu’à quelques coupures de papier avant que le décompte ne commence », explique Maurits.
Les premiers résultats de l’expérimentation menée lors des élections européennes ont révélé un taux de votes nuls légèrement plus élevé dans les communes concernées (0,74 % contre 0,18 % dans les autres). Le Conseil Électoral estime que ce chiffre est normal et devrait diminuer avec l’habitude et une meilleure information. Dans 43 % des votes nuls, le nombre de candidats cochés dépassait le nombre de candidats éligibles pour ce parti, et dans 27 % des cas, aucun parti n’avait été sélectionné, seulement un numéro, rendant le vote invalide et revenant au chef du parti en cas d’élection.
Vera Weterings (35 ans) et son fils Fabian (3 ans) après avoir voté dans une caserne de pompiers à Alphen aan den Rijn
Photo Joost Rutten
Anneke Bal-Toet, 79 ans, quitte le bureau de vote sur son scooter de mobilité avec son mari. Elle a voté pour le CDA, « Henri ». Elle se réjouit de la fin du pliage des bulletins : « J’ai toujours pensé : cela ne devrait-il pas être possible ? En ce qui me concerne, nous continuerons ainsi. Heureusement, le pliage appartient au passé, quelle galère ! »
Les premiers sondages indiquent que les électeurs évaluent positivement ce nouveau format pratique. À midi, le président du bureau de vote, Maurits, assure qu’aucun citoyen n’a rencontré de difficultés avec le nouveau bulletin. La file d’attente s’allonge lentement. Maurits, une dernière fois : « Savez-vous comment fonctionne le nouveau scrutin ? »
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