Publié le 29 octobre 2025 à 14h42. L’actrice britannique Samantha Eggar, figure emblématique du cinéma de genre, s’est éteinte à l’âge de 86 ans, laissant derrière elle une filmographie riche et une empreinte indélébile sur les films fantastiques, d’horreur et de suspense.
- Samantha Eggar s’est révélée au public grâce à son rôle principal dans Le Collectionneur (1965) de William Wyler.
- Elle a connu une carrière prolifique, alternant entre des productions grand public et des œuvres plus sombres et expérimentales.
- Son talent lui a valu un Golden Globe et une nomination aux Oscars.
Née à Londres le 5 mars 1939, Victoria Louise Samanthé Marie Elizabeth Therese Eggar, issue d’une famille aux origines diverses – un père officier britannique et une mère néerlandaise et portugaise – s’est tournée très tôt vers le théâtre. Après des débuts précoces sur les planches, elle a rapidement fait ses premiers pas au cinéma et à la télévision. Son visage gracieux et son jeu subtil lui ont ouvert les portes de nombreux rôles.
C’est en 1965 que sa carrière prend un tournant décisif avec Le Collectionneur, adaptation du roman de John Fowles par William Wyler. Dans ce thriller psychologique glaçant, elle incarne Miranda Grey, une jeune femme innocente et vulnérable, proie d’un collectionneur d’objets et d’êtres humains. Sa performance, saluée par la critique, lui vaut un Golden Globe de la meilleure actrice, le prix d’interprétation au Festival de Cannes et une nomination à l’Oscar de la meilleure actrice. Terence Stamp, son partenaire à l’écran, a également été récompensé.
Après ce succès, Samantha Eggar a continué à explorer différents genres cinématographiques. On l’a vue dans des comédies musicales comme L’Extravagant Dr Dolittle (1967), avec Rex Harrison, des drames historiques tels que La Haine dans les tripes (1970), aux côtés de Sean Connery, et des thrillers comme Le Prix d’aimer (1970), avec David Hemmings. Elle a également participé à des films d’action, comme Les Jeunes Lions (1978), un western spaghetti d’Umberto Lenzi, où elle partageait l’affiche avec Helmut Berger, Giuliano Gemma, Stacy Keach, Ray Lovelock et John Huston.
Cependant, c’est au sein du cinéma fantastique et d’horreur qu’elle a trouvé une véritable affinité. Elle a notamment brillé dans Le Chromosome 3 (1979) de David Cronenberg, où elle interprète Nola Carveth, une femme perturbée et manipulée par un psychiatre aux méthodes controversées. Dans ce film, elle incarne une sorte de « Mère Terrible » postmoderne, dont les frustrations se manifestent à travers des expérimentations génétiques et psychosomatiques. Une performance qui aurait, selon certains, mérité une nouvelle nomination aux Oscars.
Tout au long de sa carrière, Samantha Eggar a démontré une polyvalence remarquable, passant avec aisance de la victime à la bourreau. On a pu la voir dans des films cultes comme L’Exterminateur (1980), Macabre. La Griffe du Diable (1981) et le slasher canadien Rideaux (1983). Elle a également fait des apparitions dans des séries télévisées populaires telles que The Saint, Starsky et Hutch, Hawaii 5-0 et Star Trek: The Next Generation. Elle s’est également consacrée au doublage de films d’animation et de jeux vidéo.
Son dernier rôle notable fut celui du Dr Patraba dans Le Visage de la Terreur (1999), un mélange de La Graine du Diable (1968) et J’ai épousé un monstre venu de l’espace (1958). Samantha Eggar laisse derrière elle un héritage riche et varié, et restera à jamais dans la mémoire des amateurs de cinéma fantastique et d’horreur.
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