Home DivertissementLe règlement entre Universal et Udio est une victoire pour les musiciens du monde entier

Le règlement entre Universal et Udio est une victoire pour les musiciens du monde entier

by Antoine Girard

Publié le 31 octobre 2025 à 01h08. L’accord conclu entre Universal Music Group et Udio marque un tournant dans la bataille juridique autour de l’intelligence artificielle et du droit d’auteur, signalant un possible ralentissement de la prolifération de musique générée par IA non autorisée.

  • Le règlement avec UMG implique que Udio, dans sa forme actuelle, est voué à disparaître.
  • La collaboration entre Udio et UMG se traduira par une nouvelle plateforme où la musique sera personnalisable et limitée à son propre écosystème.
  • Cet accord confirme la nécessité de rémunérer les artistes pour l’utilisation de leurs œuvres dans la formation des modèles d’IA.

L’industrie musicale a remporté une victoire significative dans sa lutte contre l’utilisation non autorisée de musique protégée par le droit d’auteur par les plateformes d’intelligence artificielle. Universal Music Group (UMG) a annoncé aujourd’hui un accord avec Udio, une entreprise spécialisée dans la création de musique par IA, mettant fin à une bataille juridique lancée en août dernier. Les trois grandes maisons de disques, dont UMG, avaient alors poursuivi Udio et Suno pour violation massive du droit d’auteur, estimant que leurs modèles d’IA avaient été entraînés sur leur musique sans autorisation.

Malgré les assurances répétées des experts technologiques selon lesquelles l’IA est inévitable et que l’industrie musicale devait « s’adapter ou mourir », ce règlement démontre que les détenteurs de droits d’auteur peuvent faire valoir leurs intérêts. Il fait suite à un précédent accord de 1,5 milliard de dollars dans l’affaire Bartz contre Anthropic, renforçant l’idée que la formation des IA doit être payée.

« C’est ce que beaucoup d’entre nous affirment depuis longtemps : la formation doit être rémunérée. Les acteurs de l’IA ont rejeté cette idée à plusieurs reprises, la jugeant irréaliste. Or, le règlement d’aujourd’hui apporte une preuve supplémentaire – s’il en était encore nécessaire – que ce n’est pas le cas. »

Source non spécifiée dans le texte original

Dans le cadre de cet accord, UMG et Udio collaboreront au développement d’une nouvelle plateforme. Billboard rapporte que cette plateforme permettra aux utilisateurs de personnaliser la musique d’artistes ayant donné leur consentement, et que le partage de cette musique sera limité à l’intérieur de l’écosystème de la plateforme. Udio a d’ailleurs annoncé la suspension des téléchargements de morceaux générés, interdisant ainsi leur distribution sur les plateformes de streaming.

Cette décision est cruciale pour limiter la prolifération de musique générée par IA sur les services de streaming. Deezer a récemment révélé que 28 % des titres téléchargés quotidiennement sont désormais créés par l’IA (28 %). En confinant la musique générée par IA à un environnement contrôlé, on évite une concurrence déloyale envers les artistes humains et on préserve l’expérience d’écoute des utilisateurs qui ne souhaitent pas écouter de musique produite par IA.

L’adhésion des artistes est un élément clé de ce nouveau modèle. Udio avait initialement justifié son approche en arguant que la musique utilisée pour entraîner ses modèles était « accessible au public » et que son activité était « transformatrice », invoquant ainsi la doctrine de l’utilisation équitable. Désormais, l’accord avec UMG implique que les artistes devront donner leur consentement et seront rémunérés non seulement lorsque leur musique est directement utilisée, mais également pour la formation des modèles d’IA.

Bien que cet accord soit présenté comme un partenariat, il s’agit indéniablement d’une victoire majeure pour UMG et pour l’ensemble de l’industrie musicale. Udio devra obtenir une licence pour les données de formation, l’autorisation des artistes et des auteurs-compositeurs sera requise, et la musique générée sera confinée à la plateforme.

Il est possible que cet accord ne soit qu’un premier pas. Sony et Warner Music Group n’ont pas encore conclu d’accord similaire avec Udio, et les trois majors poursuivent toujours Suno en justice. De plus, deux actions collectives intentées par des musiciens indépendants sont en cours contre ces entreprises d’IA. Face aux investissements massifs dans l’IA et à une classe politique qui semble favorable à la déréglementation, il est facile de se décourager. Cependant, cet accord offre un espoir : la protection de la créativité humaine reste possible.

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