Publié le 30 octobre 2025 à 21h47. La Russie a repris ses vols militaires vers la base aérienne de Hmeimim en Syrie, après une interruption de six mois, signalant un regain de coopération avec Damas dans un contexte de transition politique.
- La Russie a renoué avec des vols militaires vers sa base de Hmeimim en Syrie fin octobre, avec au moins deux avions repérés.
- Cette reprise intervient après le remplacement de Bachar al-Assad par un gouvernement de transition dirigé par Ahmed Al-Sharaa.
- Les bases de Hmeimim et de Tartous restent des atouts stratégiques pour Moscou au Moyen-Orient, mais leur rôle pourrait évoluer.
Après une pause de six mois, la Russie a rétabli ses liaisons aériennes militaires avec sa base de Hmeimim, située près de Lattaquié en Syrie. Des données de suivi des vols, citées par Bloomberg, révèlent l’atterrissage d’au moins deux appareils russes – un Il-62M et un An-124-100 – à la fin du mois d’octobre. Une source proche du Kremlin a confirmé cette reprise des vols vers l’installation.
La base aérienne de Hmeimim et le port naval de Tartous constituent les principaux points d’appui militaires de la Russie au Moyen-Orient. Ces infrastructures servent de plateformes logistiques essentielles pour ses opérations en Afrique et en Méditerranée. Leur avenir était incertain après la destitution de Bachar al-Assad, qui s’est réfugié à Moscou il y a près d’un an, et son remplacement par le gouvernement de transition syrien, présidé par Ahmed Al-Sharaa.
La reprise de ces vols intervient dans un contexte de rapprochement entre Moscou et le nouveau régime syrien. Le président russe Vladimir Poutine a rencontré Ahmed Al-Sharaa à Moscou il y a deux semaines, où le statut des bases militaires a été au cœur des discussions, selon le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov. Le ministre russe de la Défense, Andreï Beloussov, a également échangé avec son homologue syrien, Murhaf Abu Qasra, cette semaine.
Bien que la Russie maintienne sa présence en Syrie, son influence pourrait diminuer par rapport à l’ère Assad. Le gouvernement syrien a d’ailleurs annoncé la suspension de tous les accords signés avec la Russie sous l’ancien régime, comme l’a déclaré le ministre syrien des Affaires étrangères, Asaad Hassan al-Shaibani, à l’Agence de presse arabe syrienne. Parallèlement, une délégation du ministère syrien des Affaires étrangères est arrivée à Moscou pour rouvrir l’ambassade de Syrie et rétablir les services consulaires, selon l’agence publique SANA.
Ahmed Al-Sharaa a souligné, lors du sommet de la Future Investment Initiative en Arabie Saoudite, la volonté de son gouvernement d’attirer des investissements étrangers pour la reconstruction de la Syrie après plus d’une décennie de guerre civile. La Russie s’est dite prête à coopérer sur des projets d’infrastructures et d’énergie pour soutenir cette reconstruction.
Cette évolution se produit alors que les États-Unis et l’Union européenne assouplissent progressivement les sanctions économiques contre la Syrie, dans l’espoir de favoriser la stabilité politique. Le président américain Donald Trump a rencontré Ahmed Al-Sharaa à deux reprises cette année. La Russie, confrontée à une tension croissante avec les États-Unis et l’Europe, notamment en raison de son invasion de l’Ukraine, considère le maintien de sa présence en Syrie comme un enjeu stratégique majeur.
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