Publié le 24 octobre 2024 18:35:00. L’ancien secrétaire américain au Commerce, Wilbur Ross, a partagé ses perspectives sur la stratégie tarifaire de Donald Trump et son impact potentiel sur l’Irlande, suggérant que Dublin pourrait être relativement épargnée par les mesures protectionnistes américaines. Ses commentaires, tenus lors d’une conférence à Dublin, offrent un éclairage rare sur les coulisses de l’administration Trump.
- Wilbur Ross estime que l’Irlande évitera les conséquences les plus sévères des tarifs douaniers américains, notamment grâce à des accords spécifiques conclus par des entreprises comme Pfizer.
- L’Irlande, fortement dépendante des exportations pharmaceutiques vers les États-Unis, s’inquiétait initialement de l’impact potentiel des menaces de tarifs douaniers de Donald Trump.
- L’approche de Trump en matière de négociations tarifaires est décrite par Ross comme une stratégie de positionnement extrême, suivie d’un compromis moins onéreux.
Lors d’une conférence publique organisée mardi soir à l’University College de Dublin par Cardinal Capital, une société irlandaise dirigée par Nick Corcran et Nigel McDermott, Wilbur Ross, 87 ans, a abordé divers sujets, allant des cryptomonnaies à la géopolitique. Mais ce sont ses analyses sur les politiques commerciales de l’administration Trump qui ont particulièrement retenu l’attention.
Le gouvernement irlandais s’était montré préoccupé par les menaces répétées de Donald Trump d’imposer des droits de douane substantiels sur les produits pharmaceutiques. Cependant, un accord récent conclu entre le géant pharmaceutique Pfizer et l’administration américaine semble apaiser ces craintes. Pfizer s’est engagé à baisser les prix de certains médicaments et à les vendre directement aux consommateurs américains via la plateforme TrumpRx, en échange d’une exemption de droits de douane pour les trois prochaines années.
Selon Wilbur Ross, cet accord pourrait servir de modèle à d’autres grandes entreprises pharmaceutiques. Il a déclaré qu’il s’attend à ce que « plusieurs » sociétés suivent l’exemple de Pfizer. Pfizer emploie 4 000 personnes en Irlande et est l’un des principaux contribuables du pays.
Ross estime que l’impact économique des tarifs douaniers sur l’Irlande sera « minime », n’affectant que 2 à 3 % des exportations, selon la Bank of Ireland. Le secteur pharmaceutique et des dispositifs médicaux représente 65 % du total des exportations irlandaises, dont 90 % sont destinées aux États-Unis. Cependant, il a reconnu que les droits de douane supplémentaires imposés à d’autres secteurs, comme celui du whisky, constituent un fardeau important pour les entreprises concernées.
L’ancien secrétaire au Commerce a également souligné que l’Irlande pourrait se trouver dans une position plus favorable que de nombreux autres États membres de l’Union européenne, qui sont de grands exportateurs de voitures, d’acier et d’aluminium, des secteurs particulièrement vulnérables à la politique commerciale de Trump.
Ross a décrit la stratégie de négociation de Trump comme similaire à son approche en tant qu’investisseur immobilier : adopter une position initiale extrême pour ensuite parvenir à un accord moins radical. Il a rappelé sa première rencontre avec Trump en 1990, où il représentait les investisseurs du casino Taj Mahal à Atlantic City. À l’époque, Trump était confronté à des difficultés financières et avait refusé de négocier un accord de remboursement avec les détenteurs d’obligations. Ross avait menacé de placer le Taj Mahal en faillite, ce qui avait finalement contraint Trump à accepter un compromis. Depuis lors, Trump a toujours gardé Ross en haute estime.
Selon Ross, de nombreux dirigeants internationaux en arrivent désormais à remercier Trump d’avoir finalement imposé des droits de douane « seulement » de 15 %. Ses commentaires, bien que susceptibles de susciter des débats, offrent un aperçu précieux de la philosophie de Trump et de sa manière de négocier.




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