Publié le 1er novembre 2025 à 11h38. Une controverse éclate en Corée du Sud concernant des accusations de spéculation immobilière impliquant plusieurs hauts fonctionnaires du gouvernement Lee Jae-myung, alors que des mesures restrictives sur les prêts et les investissements immobiliers sont en vigueur.
- Des membres du gouvernement actuel et d’anciens responsables sont accusés d’avoir profité d’investissements immobiliers avant la mise en place de politiques visant à limiter l’accès à la propriété.
- L’ancien vice-ministre du Territoire, des Infrastructures et des Transports, Lee Sang-kyung, est au centre des critiques pour avoir réalisé des plus-values importantes grâce à des transactions immobilières.
- La polémique met en lumière les contradictions entre les politiques publiques et les pratiques de certains responsables, alimentant le débat sur l’équité et la transparence.
La récente flambée des prix de l’immobilier en Corée du Sud a conduit l’administration Lee Jae-myung à adopter des mesures restrictives le 15 octobre dernier, visant à freiner la spéculation et à faciliter l’accès à la propriété pour les classes moyennes. Ces mesures comprennent une réduction des prêts immobiliers et un encadrement des investissements de transition, une pratique courante consistant à acheter un bien immobilier pour le louer avant de l’occuper personnellement.
Cependant, ces politiques ont rapidement suscité la controverse, notamment en raison d’accusations portées contre des membres du gouvernement et d’anciens responsables, soupçonnés d’avoir profité des opportunités d’investissement avant l’entrée en vigueur des nouvelles réglementations. L’opposition politique dénonce un « deux poids, deux mesures », accusant le gouvernement de favoriser ses propres membres tout en limitant l’accès à la propriété pour les citoyens ordinaires.
L’ancien vice-ministre du Territoire, des Infrastructures et des Transports, Lee Sang-kyung, est particulièrement visé par les critiques. Il avait déclaré à l’époque de la campagne présidentielle de Lee Jae-myung :
« Nous ne pouvons nier la stigmatisation selon laquelle la Corée est une république aux revenus immobiliers non gagnés. »
Lee Sang-kyung, ancien vice-ministre du Territoire, des Infrastructures et des Transports
Il avait alors dénoncé l’idée que l’accumulation de richesses grâce à l’immobilier pouvait décourager le travail et l’effort. Or, des investigations ont révélé que Lee Sang-kyung avait lui-même réalisé des plus-values considérables grâce à des investissements immobiliers.
En août 2017, il a acquis le Lakeside Summit dans la vallée de Pangyo, à Seongnam, pour 645,11 millions de wons (environ 460 000 euros). En juillet 2024, il a ensuite acheté l’appartement Pangyo Prugio Grande à Baekhyeon-dong pour 3,3 milliards de wons (environ 2,3 millions d’euros). Il a revendu le Lakeside Summit en juin 2025 pour 1,145 milliard de wons (environ 815 000 euros), réalisant ainsi un bénéfice de 500 millions de wons (environ 355 000 euros) en huit ans. Il a également loué l’appartement Pangyo Prugio Grande, percevant un dépôt de 1,48 milliard de wons (environ 1,05 million d’euros).
L’ancien vice-ministre a démissionné de son poste, invoquant des raisons personnelles. Il a déclaré qu’il avait été contraint de louer son ancien appartement car il ne pouvait pas se permettre d’acheter le nouveau sans recourir à des mécanismes d’investissement désormais interdits par les nouvelles réglementations. Cette situation a suscité l’ironie et la colère de l’opinion publique, qui y voit une preuve de l’hypocrisie du gouvernement.
D’autres hauts fonctionnaires sont également impliqués dans la controverse. Le vice-Premier ministre Koo Yun-cheol et le président de la Commission des services financiers Lee Eok-won ont tous deux investi dans des projets de reconstruction immobilière avant d’occuper leurs fonctions actuelles. Ils ont tous deux acquis des appartements dans le complexe H First Tier I-Park à Gaepo-dong, Séoul, un projet de reconstruction qui a permis de réaliser des plus-values importantes.
Le président du Service de surveillance financière, Chan-jin Lee, est également sous le feu des critiques pour avoir acheté plusieurs biens immobiliers, dont un immeuble commercial et un appartement, après avoir plaidé pour une interdiction des investissements multiples. Il a finalement annoncé qu’il se séparerait de ces biens, mais cette décision a été perçue comme une tentative de limiter les dégâts.
La polémique a ravivé le débat sur la nécessité de réformer la politique immobilière en Corée du Sud et de lutter contre la spéculation. Les critiques soulignent que les mesures restrictives adoptées par le gouvernement ne font qu’aggraver les inégalités et entravent l’accès à la propriété pour les classes moyennes. Ils appellent à une approche plus équilibrée, qui favorise à la fois l’investissement et la spéculation, tout en garantissant un accès abordable au logement pour tous.
Le directeur des politiques au bureau présidentiel, Kim Yong-beom, est également impliqué, ayant acquis des droits de reconstruction qui lui ont permis de réaliser des plus-values importantes. La situation soulève des questions sur l’éthique et la transparence des hauts fonctionnaires et sur la nécessité de renforcer les contrôles pour prévenir les conflits d’intérêts.
La controverse immobilière continue de faire des vagues en Corée du Sud, alimentant la méfiance envers le gouvernement et exacerbant les tensions sociales. Il reste à voir si cette affaire conduira à des changements significatifs dans la politique immobilière et à une meilleure régulation du marché.
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