La Chine réduit sa dépendance aux produits américains, notamment le soja et le bœuf, après une nouvelle escalade des tensions commerciales avec les États-Unis en février 2025. Un accord partiel a été trouvé, mais les droits de douane restent élevés, poussant Pékin à diversifier ses sources d’approvisionnement.
À retenir
- Les exportations chinoises vers les États-Unis ont chuté de 27 % en septembre 2025, mais les exportations globales de la Chine ont augmenté de 6,1 %.
- La Chine s’éloigne du soja américain, privilégiant le Brésil et l’Argentine, et a temporairement suspendu ses importations de soja américain en septembre.
- Les achats chinois de bœuf américain ont également diminué de manière significative, avec une baisse de 90 % en septembre par rapport à l’année précédente.
Contexte
La guerre commerciale sino-américaine, qui dure depuis plusieurs années, a connu une nouvelle intensification le 1er février 2025, lorsque le président Donald Trump a imposé de nouveaux droits de douane à la Chine, au Canada et au Mexique. Cette décision s’inscrit dans une relation commerciale déjà tendue, marquée par des tarifs douaniers parfois très élevés. Suite à une rencontre en Corée du Sud entre Donald Trump et Xi Jinping, un compromis a été trouvé : les États-Unis s’engagent à réduire les droits de douane sur les produits chinois de 10 %, en échange d’une promesse de Pékin de lutter contre le flux de fentanyl vers les États-Unis. Cependant, le taux de droits de douane effectif sur les produits chinois entrant aux États-Unis reste élevé, autour de 47 %.
Ce qui change
Les données montrent que les exportations chinoises vers les États-Unis étaient déjà en déclin avant le second mandat de Trump, mais cette tendance s’est accélérée ces derniers mois. En septembre 2025, les exportations vers les États-Unis ont totalisé 34,3 milliards de dollars (environ 31,7 milliards d’euros), contre 47 milliards de dollars (environ 43,5 milliards d’euros) le mois correspondant de l’année précédente. Parallèlement, la Chine a augmenté ses importations d’autres pays, cherchant des alternatives aux produits américains. Concernant le soja, la Chine n’a pas importé de soja américain en septembre 2025, se tournant vers le Brésil et l’Argentine. L’Argentine a même temporairement suspendu sa taxe à l’exportation de soja, ce qui a encouragé la Chine à acheter environ 1,2 million de tonnes de soja auprès de ce pays. Dans le secteur de la viande bovine, les achats chinois de bœuf américain ont également fortement diminué, passant de 481 millions de dollars (environ 446 millions d’euros) de janvier à juillet 2025, contre 863 millions de dollars (environ 798 millions d’euros) pour la même période l’année précédente.
Suite à la réunion entre Xi Jinping et Donald Trump, la Chine s’est engagée à acheter 12 millions de tonnes de soja cette saison et 25 millions de tonnes par an au cours des trois prochaines années, selon le secrétaire au Trésor, Scott Bessent.
Prochaines étapes
Il sera important de surveiller la mise en œuvre des engagements pris par la Chine concernant l’achat de soja américain et l’évolution des droits de douane. L’évolution des relations commerciales entre les États-Unis et l’Argentine et l’Australie, en tant que fournisseurs alternatifs de soja et de bœuf, sera également à suivre de près.
Chiffres clés
| Indicateur | Valeur |
|---|---|
| Baisse des exportations chinoises vers les États-Unis (septembre 2025) | 27 % |
| Augmentation des exportations chinoises globales (2025) | 6,1 % |
| Baisse des achats chinois de bœuf américain (janvier-juillet 2025) | 47 % |
| Baisse des achats chinois de bœuf américain (septembre 2025) | 90 % |
Sources
Données du ministère américain de l’Agriculture.
Déclarations de Scott Bessent, secrétaire au Trésor.
Données de l’Administration générale des douanes chinoise.
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