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Rémi Camus, l’éco-aventurier qui traque les polluants éternels du Rhône

À bord d'un canoë gonflable, l'explorateur Rémi Camus descend le Rhône pour révéler une pollution invisible : la présence de PFAS, des composés chimiques persistants surnommés « polluants éternels ». Son expédition de 812 kilomètres, débutée le 15…

Rémi Camus, l’éco-aventurier qui traque les polluants éternels du Rhône

À bord d’un canoë gonflable, l’explorateur Rémi Camus descend le Rhône pour révéler une pollution invisible : la présence de PFAS, des composés chimiques persistants surnommés « polluants éternels ». Son expédition de 812 kilomètres, débutée le 15 septembre, vise à sensibiliser le public à ce danger méconnu et à documenter l’ampleur de la contamination.

L’aventure a débuté sur les hauteurs du glacier de la Vanoise, à 2 830 mètres d’altitude. Rémi Camus a constaté une absence totale de PFAS dans les glaces anciennes, datant d’une cinquantaine d’années. Cependant, des analyses effectuées dans le lac formé depuis 2010, en raison du réchauffement climatique, ont révélé la présence de 150 nanogrammes de TFA, une molécule issue des PFAS à chaîne longue.

« Nous sommes donc arrivés à un point où la pollution chimique tombe littéralement du ciel », déplore l’explorateur. Ces premiers résultats, bien que nécessitant des mois d’interprétation par les scientifiques du laboratoire Wessling, soulignent la gravité de la situation.

Les PFAS (poly et perfluoroalkylées) sont des composés chimiques artificiels utilisés dans une multitude de produits de consommation courante : ustensiles de cuisine, textiles, peintures, cosmétiques, produits agricoles… « Leur structure chimique les rend presque indestructibles », explique Rémi Camus, ce qui explique leur surnom de « polluants éternels ». Ils se retrouvent ainsi disséminés dans l’environnement et peuvent présenter des risques pour la santé.

Cette nouvelle expédition s’inscrit dans la continuité de l’engagement de Rémi Camus pour les problématiques liées à l’eau, débuté en 2010. Il s’était alors lancé dans une traversée de l’Australie, de Melbourne à Darwin (5 400 km) en autonomie complète. « C’est à leurs côtés, en rencontrant les aborigènes, que j’ai découvert la rareté de l’eau », se souvient-il. Une expérience extrême, qui l’a poussé à boire sa propre urine pour survivre après quatre jours dans le désert, l’a profondément marqué et motivé dans son combat pour la sensibilisation.

Par la suite, il a descendu le Mékong en hydrospeed, du Tibet au Vietnam (4 400 km), à la rencontre des populations locales, et a traversé la France à la nage, de Dunkerque à Monaco (2 650 km), pour alerter sur la protection des milieux aquatiques. « Le défi physique, l’exploit sportif, c’est un moyen de se mettre au service d’une cause et d’embarquer les gens et les médias dans une aventure humaine », souligne-t-il.

Pour cette mission sur le Rhône, Rémi Camus effectue des prélèvements d’eau à intervalles réguliers, à 2 et 30 cm de profondeur, en utilisant des coordonnées GPS correspondant aux changements d’état du fleuve. Les résultats de ces analyses déboucheront sur la réalisation d’un documentaire en 2026. L’objectif principal reste, selon l’aventurier, de faire comprendre au grand public l’ampleur de cette pollution invisible, même dans les eaux qui semblent limpides et pures.

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À propos de l’auteur: Nicolas Lefèvre

Nicolas Lefèvre couvre l’actualité française, de la vie politique aux questions sociales et économiques. Il privilégie les explications claires, les faits datés et les informations directement utiles au lecteur.