Publié le 2 novembre 2025 à 10h15. L’interprétation d’une chanson aux paroles écrites par Radu Gyr, figure controversée du mouvement légionnaire roumain, par une chorale dans la Cathédrale du Salut de la Nation à Bucarest a suscité une vive polémique, dénoncée comme un « effondrement moral » par un député de l’UDMR.
- Une chanson de Radu Gyr a été chantée lors d’une cérémonie à la Cathédrale Nationale.
- Csoma Botond, leader des députés de l’UDMR, a fermement critiqué cet événement.
- Le CNSAS confirme que les poèmes de Gyr étaient utilisés pour l’endoctrinement légionnaire.
L’incident s’est produit le 30 octobre lors de la Journée du clergé militaire, célébrée par un Te Deum à la Cathédrale Nationale, en présence du ministre de la Défense, de membres de la famille royale, du chef d’état-major et de l’ensemble du clergé militaire, selon la basilique.
La chanson en question, intitulée « Nous avons un pays », est attribuée à Radu Gyr, un poète associé au mouvement légionnaire, une organisation d’extrême droite active dans la Roumanie des années 1930 et 1940. Bien que fréquemment interprétée par des chorales d’églises, cette association avec un passé idéologiquement chargé a provoqué l’indignation.
Csoma Botond a exprimé son désarroi sur Facebook :
« Dans la Cathédrale Nationale, entre les murs nouvellement consacrés, des enfants ont chanté un poème de Radu Gyr – le poète qui fut le propagandiste du Mouvement Légionnaire, la voix d’une idéologie fasciste qui semait la haine et la mort. »
Csoma Botond, leader des députés de l’UDMR
Il a ajouté :
« La Garde de Fer n’était pas un « mouvement national », mais une secte fasciste, une idéologie meurtrière. Aujourd’hui, l’écho de ce sombre passé se fait entendre dans la cathédrale, caché sous la voix et l’innocence des enfants. Cela ne peut être justifié. Ce n’est pas une erreur, mais un effondrement moral, lorsque le lieu saint et l’innocence deviennent le théâtre des crimes du passé. »
Csoma Botond, leader des députés de l’UDMR
Le CNSAS (Conseil National pour l’Étude des Archives de Sécurité), l’organisme roumain chargé de l’étude des archives des services secrets, confirme le passé trouble de Radu Gyr. Selon ses documents, Gyr (de son vrai nom Demeterscu Ştefan) a été condamné le 4 avril 1945 pour crimes contre le pays, libéré le 6 août 1956, puis de nouveau arrêté le 19 juillet 1958 pour ses activités liées au mouvement légionnaire.
Le CNSAS précise que les poèmes de Gyr, écrits en détention et après sa libération, étaient considérés comme « les principaux matériaux de « l’endoctrinement légionnaire » » et largement diffusés dans ce but.