Publié le 2 novembre 2025 à 11h34. Le Venezuela est au cœur d’une crise sécuritaire croissante, impliquant des liens étroits entre le pouvoir en place et des organisations criminelles régionales, exacerbant les tensions géopolitiques et alimentant le trafic de drogue à grande échelle.
- Des alliances structurelles lient le gouvernement vénézuélien à des groupes criminels comme le Cartel des Soleils et le Tren de Aragua, facilitant le trafic de drogue et le blanchiment d’argent.
- Le Comando Vermelho (CV), une organisation criminelle brésilienne, s’est rapprochée du Venezuela, créant des tensions avec le gouvernement brésilien de Lula.
- L’évolution de la situation au Venezuela pourrait conduire à une escalade de la violence, une intervention militaire ou une transition politique complexe.
Les relations entre le gouvernement du Venezuela et des organisations criminelles transnationales se sont considérablement renforcées ces dernières années, selon des informations récentes. Le Cartel des Soleils, en particulier, est décrit non pas comme un cartel de drogue classique, mais comme un réseau criminel profondément ancré au sein des forces armées et du gouvernement chaviste vénézuélien. Son nom, inspiré des soleils présents sur les insignes des généraux vénézuéliens, témoigne de son influence au plus haut niveau de l’État.
Ce cartel utilise sa position pour faciliter le trafic de cocaïne et de fentanyl en provenance de Colombie, mais aussi pour exploiter ses propres champs, laboratoires et entrepôts. Les États-Unis et d’autres pays ont formellement accusé Nicolás Maduro et ses proches collaborateurs de diriger cette structure qui instrumentalise l’appareil d’État à des fins criminelles.
Parallèlement, le Tren de Aragua, né dans la prison de Tocorón au Venezuela, s’est développé en une organisation criminelle transnationale opérant aux États-Unis, en Colombie, au Pérou, au Chili, en Argentine et au Brésil. Ce groupe se spécialise dans l’extorsion, les enlèvements, le trafic d’êtres humains et les assassinats à gages, employant une violence extrême et une organisation quasi militaire. Sa croissance initiale a été favorisée par le soutien du gouvernement Chávez, qui l’a utilisé comme un groupe de choc pour remplacer les cercles bolivariens affaiblis.
Le Comando Vermelho (CV), une organisation criminelle brésilienne basée à Rio de Janeiro, est également impliqué dans ce réseau complexe. Bien qu’ayant bénéficié de la tolérance du gouvernement brésilien en raison de ses liens avec le parti de Lula, le CV s’est heurté à l’opposition du gouverneur de l’État de Rio de Janeiro, qui a adopté une approche plus ferme dans la lutte contre le narcoterrorisme, s’alignant ainsi sur la position de l’administration Trump. Cette offensive contre le CV a coïncidé avec une rencontre entre Lula et Trump à Kuala Lumpur, en Malaisie, en marge du sommet de l’ASEAN (Association des nations de l’Asie du Sud-Est).
Le CV est impliqué dans le trafic de drogue, le trafic d’armes et le contrôle territorial, et entretient des alliances avec des réseaux criminels vénézuéliens et colombiens pour faciliter le trafic de stupéfiants et d’armes à travers la frontière poreuse entre le Venezuela et le Brésil. Bien que des tensions existent entre le Tren de Aragua et le CV, ils ont également exploré des alliances dans le cadre du trafic de drogue, profitant du contrôle territorial laxiste ou corrompu exercé par le Cartel des Soleils.
En résumé, le Cartel des Soleils utilise le pouvoir de l’État pour le trafic de drogue, le Tren de Aragua est un gang violent promu par l’État vénézuélien et devenu transnational, et le Comando Vermelho est un partenaire régional brésilien qui profite des routes de la drogue et des armes traversant le Venezuela.
Le nouveau gouvernement vénézuélien, dirigé par Edmundo et María Corina, doit intensifier la documentation et la dénonciation internationale de ces complicités, en utilisant la pression diplomatique et commerciale comme levier. Il est également crucial de préparer des protocoles d’autoprotection communautaire en cas d’escalade militaire ou d’effondrement institutionnel, en créant des réseaux de soutien civil et de communication sécurisée. Enfin, une articulation d’alliances internationales est nécessaire pour un plan d’aide humanitaire immédiate, axé sur la nourriture, les médicaments et le rétablissement des services essentiels.
La présence d’une force internationale au Venezuela pourrait être envisagée pour maintenir l’ordre et la sécurité des citoyens, jusqu’à ce que l’on s’assure que les forces militaires et policières du nouveau gouvernement ne sont pas infiltrées et ne tentent pas d’organiser un coup d’État.
Les récents événements, notamment les rencontres entre Trump, Lula et Xi Jinping, ont conduit à une réévaluation des scénarios possibles pour le Venezuela :
- Scénario optimiste (transition démocratique) : Le chavisme cède le pouvoir sans résistance majeure, facilitant une transition rapide et ordonnée avec le soutien international. Cependant, ce scénario semble de moins en moins probable en raison de la position inflexible du chavisme, qui ne considère même pas publiquement la possibilité de céder le pouvoir. Sa probabilité est estimée à moins de 40 %.
- Scénario de stagnation politique (actuel) : Le chavisme continue de résister, perdant en légitimité mais conservant le pouvoir par la force. Ce scénario reste plausible, tant que l’offensive contre le chavisme se limite à la communication et à l’information.
- Scénario pessimiste (conflit ou intervention) : Escalade de la violence et intervention forcée pour éliminer le chavisme. Ce scénario gagne en probabilité, dépassant désormais les 60 %, en raison de l’augmentation des tensions et des préparatifs militaires.
Il est essentiel de considérer la possibilité que le chavisme « reste et ne sorte pas », bien que ce scénario soit de moins en moins probable.
Recommandations
- Au gouvernement chaviste : Reconsidérer l’approche de résistance, car la force d’attaque à laquelle il appelle le peuple ne vient pas de lui, mais des dirigeants qui ont coopté le gouvernement.
- Au gouvernement élu (Machado et González) :
- Activer des forums numériques pour recueillir les idées de la diaspora vénézuélienne.
- Déployer des équipes mobiles pour réparer rapidement les services d’eau et d’assainissement dans les hôpitaux prioritaires.
- Inviter de jeunes professionnels internationaux à participer à un programme d’échange pour accélérer la modernisation publique.
- Aux entrepreneurs honnêtes et aux travailleurs :
- Organiser des salons de l’emploi axés sur les compétences numériques et durables dans les communautés de retour.
- Lancer des campagnes de microfinancement pour des projets de quartier ayant un impact social immédiat.
- Développer des alliances avec les universités locales pour innover dans la production de biens essentiels à faible coût.
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