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Que lit Donald Trump ?

Publié le 16 juin 2025. L’administration Trump est de plus en plus critiquée pour son désintérêt affiché envers la culture et les arts, allant jusqu’à des mesures perçues comme des représailles contre les artistes et intellectuels qui expriment…

Que lit Donald Trump ?

Publié le 16 juin 2025. L’administration Trump est de plus en plus critiquée pour son désintérêt affiché envers la culture et les arts, allant jusqu’à des mesures perçues comme des représailles contre les artistes et intellectuels qui expriment des opinions divergentes.

  • Le président Trump a été décrit comme indifférent à la culture, contrairement à ses prédécesseurs.
  • Des personnalités littéraires de renom, comme Gabriel García Márquez et Wole Soyinka, ont été directement ou indirectement affectées par les politiques de l’administration.
  • Le limogeage de la bibliothécaire du Congrès et les coupes budgétaires au Kennedy Center sont perçus comme des attaques contre la diversité culturelle.

L’absence d’intérêt pour la culture de la part de Donald Trump contraste fortement avec celle de nombreux présidents américains qui l’ont précédé. Alors que George W. Bush était capable de discuter des œuvres d’Albert Camus, le président actuel semble peu enclin à s’engager sur ce terrain. Cette indifférence a été soulignée par des figures littéraires de premier plan.

Dans un article, le prix Nobel de littérature Gabriel García Márquez relatait une soirée mémorable avec Bill Clinton en 1995, où ce dernier a surpris l’assistance en récitant par cœur des passages de « Le bruit et la fureur » de William Faulkner. Márquez, admiratif de Faulkner et de son influence sur son propre style narratif, soulignait l’érudition de Clinton, qui avait lu « Cent ans de solitude » durant ses études universitaires et considérait Márquez comme l’un des plus grands romanciers après Faulkner.

Cette appréciation de la littérature et de la culture semble absente de l’approche de Donald Trump. Homme d’affaires issu du monde de l’immobilier et du divertissement, son rapport à la culture se limite, selon les critiques, à une exclusion voire à une forme de vengeance. Le limogeage de Carla Hayden, première femme et première Afro-Américaine à occuper le poste de bibliothécaire du Congrès depuis la fondation de la bibliothèque en 1800, en mai dernier, est interprété comme un signe de cette politique.

Les critiques se sont intensifiées avec la récente révocation du financement du Kennedy Center for the Arts et le remplacement de son conseil d’administration. Trump a affirmé qu’il allait diriger « l’âge d’or de la culture américaine », une déclaration accueillie avec scepticisme par de nombreux observateurs.

L’annulation du visa américain de l’écrivain nigérian Wole Soyinka, prix Nobel de littérature en 1986, a également suscité l’indignation. Soyinka a déclaré que le consulat américain à Lagos lui avait notifié l’annulation de son visa, possiblement en raison de ses critiques envers Trump. Il a qualifié le président américain de « dictateur au visage blanc », le comparant à Idi Amin, le dictateur ougandais des années 1970. Le président américain semble tenir une liste des personnes et des pays qui s’opposent à lui.

Alors que Trump aspire à être perçu comme un artisan de la paix, ses détracteurs craignent que son hostilité envers la culture et la diversité ne conduise à une forme de repli nationaliste et à une marginalisation des voix dissidentes. Ils redoutent que son second mandat ne transforme les États-Unis en une « république bananière », un thème souvent exploré dans la littérature latino-américaine qu’il semble ignorer.

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À propos de l’auteur: Antoine Girard

Antoine Girard couvre la culture et le divertissement, du cinéma à la musique en passant par les séries, les livres et les arts visuels. Il cherche à éclairer les œuvres, les tendances et leur réception.