Confrontant les critiques, le général Mamadi Doumbouya, au pouvoir en Guinée depuis le coup d’État de 2021, s’est porté candidat à l’élection présidentielle de décembre, rompant ainsi sa promesse de ne pas briguer le pouvoir. Cette décision intervient dans un contexte de contestation croissante concernant la crédibilité du scrutin, marqué par l’exclusion de plusieurs figures de l’opposition.
Le général Doumbouya a déposé sa candidature lundi devant la Cour suprême, entouré de militaires et dissimulé derrière des lunettes de soleil noires, sans faire de déclaration publique. Sa candidature est d’autant plus surprenante qu’il avait affirmé, après avoir pris le pouvoir, que « ni moi ni aucun membre de cette transition ne serons candidats à quoi que ce soit… En tant que soldats, nous accordons une grande valeur à notre parole. »
L’élection de décembre se déroulera sans plusieurs personnalités clés de l’opposition guinéenne. Les partis RPG Arc-en-Ciel et UFDG ont été exclus du processus électoral, suscitant de vives inquiétudes quant à l’équité du scrutin. L’ancien président Alpha Condé, renversé par le coup d’État en 2021, ainsi que les anciens Premiers ministres Cellou Dalein Diallo et Sidya Touré, actuellement en exil, ne pourront pas non plus participer.
La caution exigée pour se présenter à la présidentielle, fixée à 875 millions de francs guinéens (environ 100 000 dollars américains ; 75 000 livres sterling), a également provoqué un tollé. Bien que similaire à la caution de 800 millions de francs guinéens lors de la précédente élection, certains observateurs espéraient une réduction afin de favoriser une plus large participation.
Depuis son arrivée au pouvoir, le régime du général Doumbouya a été accusé de réprimer toute forme de dissidence. Les autorités ont suspendu des médias, limité l’accès à Internet et réprimé brutalement les manifestations pacifiques réclamant un retour à un régime démocratique.
Le général Doumbouya avait justifié son intervention en 2021 par des accusations de corruption, de violations des droits de l’homme et de mauvaise gestion économique sous la présidence d’Alpha Condé. Avant le coup d’État, le général Doumbouya, âgé de 40 ans, était un officier de milieu de carrière avec 15 ans de service, incluant des missions en Afghanistan, en Côte d’Ivoire, à Djibouti, en République centrafricaine, ainsi que des missions de protection rapprochée en Israël, à Chypre, au Royaume-Uni et en Guinée. Il est actuellement l’un des plus jeunes chefs d’État du continent africain.
L’élection se déroulera sur la base d’une nouvelle constitution qui permet au général Doumbouya de se présenter. À ce stade, l’issue du scrutin et son acceptation par l’ensemble des acteurs politiques guinéens restent incertaines.
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