Publié le 4 novembre 2023 11h15. Le géant du fast-fashion Shein est au cœur d’une polémique en France après la découverte de poupées sexuelles à caractère enfantin sur sa plateforme. L’entreprise s’est engagée à coopérer avec la justice et à dévoiler l’identité des acheteurs, à la veille de l’ouverture de son premier magasin physique à Paris.
- Shein a promis de coopérer pleinement avec les autorités françaises et de fournir les noms des clients ayant acheté des poupées sexuelles.
- Une enquête a été ouverte par le parquet de Paris contre Shein, ainsi que contre AliExpress, Temu et Wish, pour la vente de ces produits.
- L’entreprise a annoncé l’interdiction totale des poupées sexuelles et la suppression de toutes les annonces correspondantes.
La controverse éclate alors que Shein s’apprête à inaugurer demain son premier magasin physique au monde, au sein du grand magasin BHV Marais, dans le centre de Paris. L’annonce de cette ouverture, initialement perçue comme une étape importante dans la stratégie de développement de l’entreprise, est désormais assombrie par ce scandale.
Selon l’unité antifraude française, Shein, dont le siège social est à Singapour mais qui a été fondée en Chine, commercialisait des poupées sexuelles enfantines. Des médias français ont diffusé une photographie d’une de ces poupées, d’environ 80 cm de hauteur et tenant un ours en peluche, accompagnée d’une légende à connotation sexuelle explicite.
Quentin Ruffat, porte-parole de Shein en France, a qualifié la situation de « grave, inacceptable et intolérable » à la radio RMC. Il a expliqué que la vente de ces poupées était due à « un dysfonctionnement de nos processus et de notre gouvernance ».
« Nous coopérerons pleinement avec les autorités judiciaires »
Quentin Ruffat, porte-parole de Shein en France
Il a également assuré que l’entreprise serait « totalement transparente » et mettrait en place « les garde-fous nécessaires pour garantir que cela ne se reproduise plus ».
L’affaire a suscité une vive réaction de la part des autorités françaises. La Haut-commissaire à l’enfance, Sarah El Hairy, a dénoncé ces poupées, les qualifiant d’« objets pédophiles que les prédateurs utilisent malheureusement parfois pour s’entraîner avant de passer à la maltraitance des enfants ».
« Nous serons ravis d’évoquer avec elle ces questions, ces questions de criminalité pédophile, qui sont trop graves pour être ignorées »
Quentin Ruffat, porte-parole de Shein en France
M. Ruffat a affirmé que Shein partageait les préoccupations de la Haut-commissaire et se tenait à sa disposition pour discuter de ces questions.
Le ministre des Finances, Roland Lescure, a averti qu’il interdirait l’entreprise sur le marché français si les articles en question revenaient en ligne. L’enquête du parquet de Paris s’étend également aux plateformes concurrentes AliExpress, Temu et Wish, et concerne la diffusion de « messages violents, pornographiques ou injurieux, accessibles aux mineurs ».
Shein a annoncé hier avoir imposé une « interdiction totale des produits de type poupées sexuelles » et avoir supprimé toutes les annonces et images y afférentes. L’entreprise devra désormais prouver sa bonne foi et mettre en œuvre des mesures concrètes pour éviter que de tels incidents ne se reproduisent.