Publié le 4 novembre 2025 à 10h44. Quatre étudiants vénézuéliens, arrêtés vendredi dernier alors qu’ils réalisaient un travail de recherche près d’une prison, ont été libérés lundi, suscitant des inquiétudes quant à la liberté académique et l’espace de la critique dans le pays.
- Noel Cisneros, Katiuska Castillo, Ingrid Briceño et Marcela Hernández ont été détenus par les services de renseignement vénézuéliens (Sebin).
- Ils effectuaient des enregistrements à des fins académiques devant le centre pénitentiaire de Tocorón, dans l’État d’Aragua.
- Des organisations de défense des droits de l’homme dénoncent une arrestation arbitraire et craignent un précédent dangereux pour les étudiants et les professionnels des médias.
Les étudiants Noel Cisneros, Katiuska Castillo, Ingrid Briceño et Marcela Hernández ont retrouvé leur famille et leurs amis ce lundi, après une détention de plusieurs jours qualifiée d' »arbitraire » par de nombreuses organisations. Leur arrestation, survenue vendredi dernier à 15h45 heure locale (19h45 GMT), s’est déroulée à proximité de la prison de Tocorón, dans l’État d’Aragua.
Selon Óscar Murillo, coordinateur général de l’ONG Provea, les étudiants réalisaient des travaux de terrain dans le cadre de leurs études. Il a souligné que
« Ils ont réalisé des enregistrements à des fins académiques devant le centre pénitentiaire. »
Óscar Murillo, coordinateur général de l’ONG Provea
Cette affaire, a-t-il ajouté, « crée un grave précédent » pour les étudiants et les professionnels de l’audiovisuel qui cherchent à documenter la réalité vénézuélienne.
Marcela Hernández, l’une des étudiantes arrêtées, est également représentante d’une organisation civile promouvant la production audiovisuelle féminine. L’arrestation du groupe est perçue par certains comme une tentative de l’État de museler les voix critiques et de restreindre la liberté de pensée. Selon Óscar Murillo,
« L’arrestation de ce groupe crée un schéma qui, de la part de l’État, ils cherchent à faire taire les voix critiques, les voix académiques, l’art, et tout cela finit par restreindre la libre pensée et le flux des idées. »
Óscar Murillo, coordinateur général de l’ONG Provea
La pression nationale et internationale a joué un rôle crucial dans la libération des étudiants, comme l’a indiqué Óscar Murillo sur les réseaux sociaux. Des centaines de personnalités, dont des artistes et des universitaires, ainsi que des organisations non gouvernementales et théâtrales, s’étaient mobilisées pour exiger des informations claires et précises sur la situation des quatre jeunes.
L’Organisation mondiale contre la torture (OMCT) a également condamné fermement la détention arbitraire des cinéastes et a appelé à une enquête indépendante, exhaustive et impartiale pour identifier les responsables.
L’ONG Justice, Rencontre et Pardon (JEP) a mis en garde contre une augmentation des arrestations au Venezuela sans information publique suffisante, dénonçant un « scénario d’insécurité juridique et d’angoisse prolongée » dû à l’opacité des procédures et au refus d’accès à l’assistance juridique.