Après près de dix ans de silence et plus de sept ans sans monter sur scène, Radiohead a fait un retour inattendu sur les planches européennes, offrant à ses fans une expérience musicale intense et pleine de surprises.
Le groupe britannique, mené par Thom Yorke, a entamé une série de concerts dans des villes européennes sans sortie d’album à promouvoir, créant un événement pour les mélomanes. La performance, jouée en configuration circulaire avec un écran de projection vaporeux, s’est révélée être bien plus qu’une simple reprise de carrière : une affirmation de leur vitalité artistique.
Dès l’ouverture avec « Let Down », un titre phare de l’album OK Computer, l’énergie était palpable. La chanson, devenue virale sur TikTok auprès d’une nouvelle génération, a démontré la capacité du groupe à transcender les époques. « Shell smashed, juices flowing », chante Yorke, une entrée en matière qui symbolise un nouveau départ.
Le concert a mis en valeur la puissance rythmique du groupe, avec une section rythmique impressionnante composée du batteur Phil Selway, du percussionniste Chris Vatalaro et du bassiste Colin Greenwood, frère de Jonny. Si les aigus ont parfois souffert de l’acoustique des grandes salles, la force du groupe a compensé ce défaut, notamment sur des titres de leur répertoire plus récent comme « 2+2=5 », « Bloom » et « Ful Stop ».
Jonny Greenwood, souvent considéré comme l’arme secrète de Radiohead, a une fois de plus démontré son talent avec des mélodies de guitare complexes et variées. Ses lignes de basse ont guidé le public à travers les passages les plus sombres de leur discographie, et les morceaux de Kid A, tels que « Everything In Its Right Place » et « Idioteque », ont marqué une transition réussie entre les chocs soniques glacials de leurs débuts et des titres plus entraînants.
L’enthousiasme du public était palpable, même dans les gradins, lors de l’interprétation de « 15 Step », tandis que Yorke, désormais âgé de près de 60 ans, se livrait à des danses énergiques sur scène. Il a rappelé à l’audience que « it comes to us all », une phrase énigmatique qui évoque à la fois le vieillissement et la mortalité.
Yorke, toujours attentif à l’héritage des artistes qui l’ont précédé, comme Mick Jagger, ne donne pas l’impression d’un groupe qui se repose sur ses lauriers. Leur base de fans, réputée pour son exigence, a pu regretter l’absence de certains titres de A Moon Shaped Pool ou de The Bends, mais « Fake Plastic Trees » a explosé sur scène, surpassant même sa version studio.
Le concert a révélé un groupe libéré de la pression de la composition, retrouvant le plaisir de jouer en direct. La joie était palpable, tant pour les musiciens que pour les fans qui ont longtemps attendu ce retour. Yorke, fidèle à son habitude, s’est contenté de remercier le public en disant « gracias ». Certains auraient souhaité qu’il s’exprime davantage, mais beaucoup se souviennent du jeune homme nerveux qui exprimait déjà son inquiétude face à la rapidité des progrès technologiques à l’époque des premiers iMac, et qui reste le chanteur idéal pour interpréter nos angoisses actuelles.
Setlist :
- Let Down
- 2 + 2 = 5
- Sit Down. Stand Up
- Bloom
- Lucky
- Ful Stop
- The Gloaming
- Myxomatosis
- No Surprises
- Videotape
- Weird Fishes/Arpeggi
- Everything in Its Right Place
- 15 Step
- The National Anthem
- Daydreaming
- A Wolf at the Door
- Bodysnatchers
- Idioteque
Encore :
- Fake Plastic Trees
- Subterranean Homesick Alien
- Paranoid Android
- How to Disappear Completely
- You and Whose Army?
- There There
- Karma Police