Publié le 6 novembre 2023. Séoul envisage une coopération accrue avec les sanctions américaines contre la Corée du Nord, notamment pour contrer le financement de ses programmes nucléaires et de missiles par le biais de cryptomonnaies, après l’impasse des négociations directes entre Washington et Pyongyang.
- La Corée du Sud pourrait se joindre aux sanctions américaines ciblant les activités de blanchiment d’argent liées à la cybercriminalité nord-coréenne.
- Les deux pays coordonnent un document commun détaillant les engagements pris lors du récent sommet bilatéral.
- Le projet de construction d’un sous-marin à propulsion nucléaire conventionnel, annoncé lors du sommet, fait l’objet de discussions approfondies et de consultations.
Face à l’échec des pourparlers directs avec la Corée du Nord, Séoul se montre de plus en plus disposé à renforcer sa coopération avec les États-Unis en matière de sanctions. Kim Jin-ah, vice-ministre des Affaires étrangères, a souligné l’importance de cette collaboration pour contrer l’utilisation de cryptomonnaies par Pyongyang afin de financer ses programmes d’armement et pour protéger l’écosystème numérique sud-coréen.
Selon le vice-ministre, la Corée du Sud a déjà déployé des efforts considérables pour bloquer les activités illégales liées à la Corée du Nord.
« Dans le cas du vol de monnaie virtuelle, elle peut être utilisée pour les programmes nucléaires et de missiles de la Corée du Nord, et elle constitue également une menace pour notre écosystème numérique, la coopération entre la Corée et les États-Unis est donc importante. »
Kim Jin-ah, deuxième vice-ministre des Affaires étrangères
Il a ajouté que des sanctions supplémentaires pourraient être envisagées si nécessaire.
Cette prise de position intervient après que le Trésor américain a désigné le 4 novembre (heure locale) huit ressortissants nord-coréens et deux institutions basées en Corée du Nord comme étant impliqués dans le blanchiment des produits de la cybercriminalité du régime. Le Département d’État américain a également annoncé son intention de sanctionner sept navires de pays tiers impliqués dans l’exportation de charbon et de minerai de fer nord-coréens vers la Chine.
La coopération tripartite entre la Corée du Sud, les États-Unis et le Japon en matière de sanctions indépendantes contre la Corée du Nord s’est intensifiée, en particulier dans un contexte où l’adoption de nouvelles sanctions au niveau de l’ONU est compromise par le manque de coopération de la Chine et de la Russie.
Par ailleurs, les deux pays travaillent à finaliser un document commun, une « fiche d’information conjointe », qui détaille les engagements pris lors du récent sommet bilatéral.
« La fiche d’information contient un certain nombre de questions impliquant différents ministères. Nous attendons que la partie américaine ajuste et confirme le texte. »
Kim Jin-ah, deuxième vice-ministre des Affaires étrangères
Le vice-ministre a précisé que ce processus nécessite une coordination interne et une résolution des divergences entre les différents ministères concernés.
Le projet de construction d’un sous-marin à propulsion nucléaire conventionnel, annoncé lors du sommet, est également au cœur des discussions.
« Il s’agit d’un projet extrêmement complexe et à long terme qui sera élaboré grâce à des consultations continues et à des mesures de suivi dans tous les ministères. »
Kim Jin-ah, deuxième vice-ministre des Affaires étrangères
Kim Jin-ah a souligné la nécessité de prendre en compte les aspects techniques, notamment la production de combustible nucléaire, ainsi que les implications internationales et la conformité avec le Traité de non-prolifération nucléaire (TNP).