Genève – L’année 2025 s’annonce déjà comme l’une des plus chaudes jamais enregistrées, malgré les avertissements des Nations unies qui soulignent qu’il est encore possible d’inverser cette tendance. Cette annonce intervient alors que les concentrations de gaz à effet de serre atteignent des niveaux record, exacerbant le réchauffement climatique.
Selon l’Organisation météorologique mondiale (OMM), les huit premiers mois de l’année 2025 ont vu une température moyenne de 1,42 °C au-dessus de la moyenne préindustrielle. Les années 2015 à 2025 devraient ainsi constituer la décennie la plus chaude depuis le début des relevés, il y a 176 ans, avec 2023, 2024 et 2025 en tête de liste.
« Il sera pratiquement impossible de limiter le réchauffement climatique à 1,5 °C dans les prochaines années sans dépasser temporairement l’objectif de l’Accord de Paris », a déclaré Celeste Saulo, directrice de l’OMM, lors d’une réunion à Belém, au Brésil, en amont du sommet climatique COP30 de la semaine prochaine. L’Accord de Paris, conclu en 2015, vise à limiter le réchauffement climatique bien en dessous de 2 °C, et idéalement à 1,5 °C, par rapport aux niveaux préindustriels.
Cependant, Mme Saulo a insisté sur le fait que « la science est tout aussi claire qu’il est encore tout à fait possible et essentiel de ramener les températures à 1,5 °C d’ici la fin du siècle ». Le chef des Nations unies, Antonio Guterres, a qualifié le non-respect de cet objectif de « défaillance morale ».
L’OMM a également mis en évidence l’impact visible de la hausse des températures sur l’étendue de la banquise arctique, qui a atteint un niveau record de faiblesse après le gel hivernal de cette année. L’étendue de la glace de mer en Antarctique est également restée bien inférieure à la moyenne tout au long de l’année.
Le rapport de l’OMM fait état de nombreux événements météorologiques et climatiques extrêmes survenus au cours des huit premiers mois de 2025, notamment des inondations dévastatrices, des vagues de chaleur intenses et des incendies de forêt, ayant des « impacts en cascade sur les vies, les moyens de subsistance et les systèmes alimentaires ».
Par ailleurs, le Programme des Nations unies pour l’environnement a confirmé, dans son rapport annuel publié mardi, que les émissions de gaz à effet de serre ont augmenté de 2,3 % l’année dernière, une hausse principalement due à l’Inde, suivie par la Chine, la Russie et l’Indonésie.
L’OMM salue les « avancées significatives » dans les systèmes d’alerte précoce, qui sont devenus « plus cruciaux que jamais ». Depuis 2015, le nombre de pays signalant de tels systèmes a plus que doublé, passant de 56 à 119, avec une augmentation de 5 % de l’accès dans les pays les moins avancés et les petits États insulaires en développement au cours de la seule année écoulée. Cependant, 40 % des pays dans le monde ne disposent toujours pas de ces systèmes, soulignant la nécessité d’une « action urgente » pour combler ces lacunes.
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