Home MondeLe Hamas dit qu’il va remettre un autre corps d’otage à Gaza

Le Hamas dit qu’il va remettre un autre corps d’otage à Gaza

by Clara Dubois

Publié le 7 novembre 2025 à 16h11. Les négociations s’intensifient à l’ONU pour déployer une force internationale à Gaza, alors que le Hamas s’apprête à restituer les derniers restes d’otages dans le cadre de l’accord de cessez-le-feu.

  • Le Hamas va remettre les restes d’un dernier otage, comme prévu par l’accord de trêve.
  • Les États-Unis proposent un projet de résolution au Conseil de sécurité de l’ONU pour approuver un plan de paix à Gaza et autoriser une force internationale de stabilisation.
  • Cette force internationale, forte d’environ 20 000 soldats, pourrait être chargée de désarmer le Hamas.

Les Brigades Ezzedine al-Qassam, la branche armée du Hamas, ont annoncé qu’elles allaient restituer les restes d’un autre otage, en collaboration avec le Jihad islamique palestinien. Selon un communiqué diffusé sur Telegram, le corps de cet individu, retrouvé dans la ville de Khan Younis, dans le sud de la bande de Gaza, sera remis à 21h heure de Gaza (19h heure irlandaise). Au début de la trêve, le 10 octobre, le Hamas détenait 48 otages à Gaza, dont 20 encore en vie et 28 décédés. Tous les survivants ont depuis été libérés.

Sur les 28 otages décédés, 22 ont été rapatriés jusqu’à présent : 19 Israéliens, ainsi qu’un ressortissant thaïlandais, un Népalais et un Tanzanien. Israël accuse le Hamas de ralentir le processus de restitution des corps, ce que le groupe palestinien justifie par les difficultés de récupération, beaucoup d’otages étant enterrés sous les décombres de Gaza. Le Hamas a à plusieurs reprises demandé aux médiateurs et à la Croix-Rouge de lui fournir le matériel et le personnel nécessaires à ces opérations.

Parallèlement, les États-Unis ont soumis au Conseil de sécurité de l’ONU un projet de résolution visant à approuver le plan de paix proposé par l’administration Trump pour Gaza. Ce texte autoriserait également la mise en place d’un organe de gouvernance de transition et d’une Force internationale de stabilisation (FIS) pour une durée de deux ans. Selon un haut responsable américain, les États-Unis bénéficient du soutien régional de l’Égypte, du Qatar, de l’Arabie saoudite, de la Turquie et des Émirats arabes unis pour ce projet.

« Le message est le suivant : si la région est avec nous sur ce point et si la région est avec nous sur la manière dont cette résolution est construite, alors nous pensons que le Conseil devrait l’être également. »

Haut responsable du gouvernement américain

L’adoption d’une résolution au Conseil de sécurité nécessite au moins neuf voix favorables et l’absence de veto des cinq membres permanents : la Russie, la Chine, la France, le Royaume-Uni et les États-Unis. Les États-Unis espèrent un vote rapide, estimant que ce plan représente « le plan de paix le plus prometteur depuis une génération ». Ils anticipent des contributions de la Russie et de la Chine, mais ne prévoient pas de blocage de leur part.

Le président Trump a déclaré que la force internationale serait déployée « très bientôt ». Le secrétaire d’État américain, Marco Rubio, a souligné que les pays souhaitant contribuer des troupes ont besoin d’un mandat de l’ONU pour le faire. La FIS, forte d’environ 20 000 soldats, aurait le pouvoir de désarmer le Hamas, en utilisant « toutes les mesures nécessaires » pour mener à bien son mandat.

Elle serait également chargée de protéger les civils et les opérations d’aide humanitaire, de sécuriser les frontières de Gaza avec Israël et l’Égypte, et de former et de contrôler une nouvelle force de police palestinienne. Le projet de résolution vise à assurer la « démilitarisation » de la bande de Gaza, en détruisant et en empêchant la reconstruction de l’infrastructure militaire et en procédant au déclassement permanent des armes détenues par les groupes armés non étatiques.

Les États-Unis s’attendent toujours à ce que le Hamas respecte ses engagements et abandonne ses armes, mais le groupe palestinien n’a pas encore indiqué s’il accepterait de se désarmer et de démilitariser Gaza, une option qu’il a déjà rejetée par le passé. L’administration Trump a exclu l’envoi de troupes américaines à Gaza, mais a sollicité l’aide de l’Indonésie, des Émirats arabes unis, de l’Égypte, du Qatar, de la Turquie et de l’Azerbaïdjan pour contribuer à la FIS.

Israël a déjà déclaré qu’il n’accepterait pas la participation de troupes turques à la force internationale. Le Hamas et Israël avaient accepté il y a un mois la première phase du plan en 20 points de M. Trump, comprenant le cessez-le-feu et l’accord de libération des otages. Ce plan est annexé au projet de résolution soumis à l’ONU.

Un haut responsable américain a mis en garde contre la fragilité du cessez-le-feu et la nécessité d’une action rapide au Conseil de sécurité :

« Le temps ne joue pas en notre faveur. Le cessez-le-feu tient, mais il est fragile, et (…) nous ne pouvons pas nous enliser dans des rédactions de mots au Conseil. Je pense que c’est un véritable test pour les Nations Unies. »

Destructions dans le quartier de Tel al-Hawa après le retrait des forces israéliennes suite au cessez-le-feu dans la ville de Gaza
Vue aérienne des destructions dans le quartier de Tel al-Hawa après le retrait des forces israéliennes suite au cessez-le-feu dans la ville de Gaza (photo d’archives)
Décombres et destruction dans le quartier de Sheikh Radwan, dans la ville de Gaza
Une vue des décombres et de la destruction dans le quartier de Sheikh Radwan, dans la ville de Gaza

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