Publié le 7 novembre 2023 19:37:00. L’industrie du divertissement est confrontée à une fragmentation croissante de l’offre, notamment dans le domaine du streaming, avec des conséquences potentielles sur les coûts pour les consommateurs. Cette situation contraste fortement avec le modèle plus unifié de l’industrie musicale.
- L’industrie musicale a toujours privilégié une distribution rapide et mondiale de ses œuvres, sans restrictions géographiques.
- Le secteur audiovisuel, en revanche, a historiquement cherché à contrôler la diffusion des contenus selon les territoires et les supports.
- La multiplication des plateformes de streaming, chacune proposant des contenus exclusifs, rend improbable l’émergence d’un acteur unique capable de proposer une offre globale.
Contrairement à l’industrie musicale, qui a su s’adapter relativement facilement à l’ère numérique, le cinéma et la télévision semblent ancrés dans une logique de contrôle de la distribution. Dès les années 1950, une volonté de réglementer l’accès aux œuvres s’est manifestée, d’abord par des sorties échelonnées dans les salles de cinéma, puis par des normes techniques comme le PAL et le NTSC pour les supports vidéo, et enfin par des codes régionaux sur les DVD.
Avec l’avènement du streaming, cette fragmentation s’est accentuée. Les restrictions se font désormais par le biais de l’adresse IP ou du pays d’origine de la carte de paiement. Chaque studio et chaîne de télévision a lancé sa propre plateforme (Netflix, Disney+…), et les producteurs de contenus refusent généralement de céder leurs droits à un seul distributeur. Dans certains cas, comme pour les droits sportifs, l’exclusivité est même limitée à un territoire donné.
Cette situation crée un écosystème complexe où chacun protège ses intérêts. Prenons l’exemple d’un producteur comme Banijay, qui produit des programmes pour la télévision. Il est probable que les droits restent à Banijay, et la chaîne de télévision qui acquiert les droits pour son pays devra s’assurer du géoblocage pour éviter de concurrencer d’autres diffuseurs.
Selon l’analyse, il est peu probable qu’une seule entreprise puisse un jour acquérir tous les contenus de Netflix, Disney+, Banijay et des différentes chaînes de télévision du monde entier, et assurer leur traduction dans toutes les langues. Non seulement ces plateformes ne vendraient pas les droits, mais le coût de la traduction serait exorbitant, ce qui se traduirait par une augmentation significative du prix des abonnements pour les consommateurs.
Sur le même sujet
