Publié le 8 novembre 2025 à 13h00. L’ancienne Première dame américaine Michelle Obama a créé l’événement à New York en arborant une tenue Chanel de la collection été 2026 lors de la promotion de son nouveau livre, ravivant une longue tradition d’élégance et de liens entre la Maison Blanche et la prestigieuse maison de couture française.
- Michelle Obama a porté un ensemble blazer et pantalon Chanel de la collection été 2026, avant même sa présentation officielle.
- Ce choix vestimentaire rappelle l’histoire complexe entre Chanel et les Premières dames américaines, initiée par Jackie Kennedy.
- L’association entre les épouses des présidents américains et la marque Chanel a souvent été chargée de significations politiques et symboliques.
L’apparition de Michelle Obama, mercredi dernier au siège de People Inc. à New York, n’a pas manqué de faire sensation. Au-delà de son élégance habituelle, c’est le choix d’une création Chanel, issue de la collection été 2026 dévoilée en octobre au Grand Palais à Paris, qui a suscité l’attention. Elle a ainsi rejoint Nicole Kidman et Ayo Edebiri parmi les premières à porter ces nouvelles pièces.
Selon des observateurs, ce geste résonne avec une longue histoire d’élégance et de pouvoir, mais aussi de tragédie, incarnée par Jackie Kennedy. L’épouse de John F. Kennedy, issue d’une famille aisée, était devenue cliente de Coco Chanel après la réouverture de la maison en 1954. Cependant, avec la campagne présidentielle de son mari face à Nixon, sa garde-robe est rapidement devenue un enjeu politique.
Dès 1960, David Dubinsky, président de l’Association de l’industrie du vêtement, avait publiquement encouragé Jackie Kennedy à privilégier les créations américaines. Le journal Women’s Wear Daily révélait alors qu’elle avait dépensé 30 000 $ (environ 27 000 € au taux de change actuel) en maisons de couture parisiennes l’année précédente.

Après l’élection de JFK, Jackie Kennedy s’était efforcée de rassurer l’opinion publique, affirmant qu’elle veillerait à ne pas compromettre l’administration de son mari par ses choix vestimentaires. Elle continua néanmoins à soutenir la mode française, notamment en acquérant des ensembles Chanel, décrits comme des « costumes composés de tissu, de motif et de boutons » chez la boutique Chez Ninon à New York, pour des sommes allant jusqu’à 1 000 $ (environ 920 €) pour une robe de soirée.
Le 22 novembre 1963, jour fatidique de l’assassinat de John F. Kennedy à Dallas, Jackie portait un ensemble en tweed rose avec un col bleu, choisi sur les conseils de son mari :
« Les épouses de ces riches républicains viendront déjeuner, elles porteront des manteaux de vison et des bracelets de diamants. Soyez aussi brillantes qu’elles sont, mais simples. Montrez à ces Texans ce qu’est le bon goût. »
John F. Kennedy Ironie du sort, le rose, symbole d’innocence, serait la dernière couleur qu’elle porterait en tant que Première Dame.
Cet ensemble, taché de sang après la tragédie, est aujourd’hui conservé aux Archives nationales du Maryland, devenant un symbole poignant de l’histoire américaine.
Après Jackie Kennedy, d’autres Premières dames ont également affiché leur attachement à Chanel. Hillary Clinton a porté des vestes en tweed inspirées du style de la maison, et Melania Trump a été aperçue en robes de soirée Chanel. Mais le choix de Michelle Obama, souvent comparée à Jackie Kennedy pour son élégance et son audace, prend une dimension particulière. Les marques de luxe, traditionnellement réticentes à s’engager politiquement, semblent aujourd’hui privilégier l’association avec des personnalités progressistes plutôt qu’avec les épouses de responsables politiques conservateurs ou des femmes liées à des régimes autoritaires, selon des sources françaises.