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Le projet du propriétaire de Penneys de séparer la mode de l’alimentation ne parvient pas à inciter les investisseurs au premier rang – The Irish Times

Publié le 8 novembre 2025 à 06h02. Le groupe Associated British Foods (ABF), maison mère de la chaîne de fast fashion Primark, envisage de scinder ses activités, une décision qui a surpris les investisseurs et soulevé des interrogations…

Le projet du propriétaire de Penneys de séparer la mode de l’alimentation ne parvient pas à inciter les investisseurs au premier rang – The Irish Times

Publié le 8 novembre 2025 à 06h02. Le groupe Associated British Foods (ABF), maison mère de la chaîne de fast fashion Primark, envisage de scinder ses activités, une décision qui a surpris les investisseurs et soulevé des interrogations sur la valorisation de l’ensemble.

  • ABF prévoit de séparer Primark de ses activités alimentaires, notamment les marques de thé Twinings, de levure et de sucre.
  • L’annonce a provoqué une chute du cours de l’action ABF, allant jusqu’à 5 %, témoignant d’un accueil mitigé par les marchés financiers.
  • Le PDG d’ABF, George Weston, espère que cette scission permettra à la division alimentaire, longtemps éclipsée par Primark, de se développer et d’attirer l’attention des investisseurs.

La décision de séparer Primark, lancée en 1969 par Arthur Ryan à Dublin, de ses activités agroalimentaires, est une surprise pour de nombreux observateurs. Alors que les banques d’investissement réclamaient depuis des années une autonomisation de la chaîne de magasins à bas prix, l’annonce a été accueillie avec scepticisme par les marchés, comme en témoigne la baisse du cours de l’action ABF dans les jours suivant la publication de l’information.

Les premières réactions des analystes financiers sont loin d’être enthousiastes. James Grinic, analyste chez Jefferies, estime que « la séparation ne devrait pas modifier de manière significative le débat sur la valorisation, car nous avons du mal à voir comment les deux entités pourraient obtenir individuellement une valeur supérieure à celle qu’elles ont actuellement ». Adam Cochrane, de Deutsche Numis, renchérit : « L’absence de réaction significative du marché suggère qu’il n’y a pas de sous-évaluation importante de l’une ou l’autre entreprise, du moins à court terme. »

George Weston, PDG d’ABF, semble néanmoins convaincu de la pertinence de cette scission. Il souligne que les activités alimentaires du groupe, bien que diversifiées et rentables, ont souvent été négligées par les investisseurs, focalisés sur la croissance rapide de Primark. Selon lui, la division alimentaire, qui comprend des marques emblématiques comme Twinings et des activités dans la production de sucre et d’ingrédients de boulangerie, possède un potentiel considérable.

« Notre activité alimentaire unique et exceptionnelle a toujours été moins bien comprise par les marchés financiers que Primark, mais elle dispose d’un portefeuille très attractif, d’une expertise mondiale approfondie et d’un grand potentiel. »

George Weston, PDG d’ABF

Le plan de scission, qui devrait être finalisé d’ici avril, vise également à améliorer la gouvernance de Primark. L’entreprise, qui compte aujourd’hui 473 magasins dans le monde, pourrait bénéficier d’un conseil d’administration plus spécialisé et d’une direction dédiée, après le départ de son ancien président, Paul Marchant, en mars suite à une enquête interne. Eoin Tonge, actuel directeur général par intérim, est considéré comme le principal candidat pour prendre la direction à temps plein.

ABF affiche une capitalisation boursière d’un peu plus de 16 milliards de livres sterling (18,2 milliards d’euros). La scission permettrait de créer deux entreprises de taille suffisante pour rester cotées au FTSE 100, l’indice boursier britannique de référence, ce qui est important pour attirer les fonds d’investissement.

Cependant, des défis subsistent. Les ventes de Primark n’ont augmenté que de 1 % sur son dernier exercice financier, à 9,49 milliards de livres sterling, en raison de l’ouverture de nouveaux magasins. À périmètre constant, les ventes ont même diminué de 2,3 %. Le groupe a également manqué de 1,1 % les attentes des analystes en termes de chiffre d’affaires global, malgré un avertissement lancé en septembre concernant des conditions de marché difficiles.

La division alimentaire d’ABF est également confrontée à des difficultés, notamment dans le secteur du sucre, où une offre excédentaire pèse sur les prix. Warren Akerman, analyste chez Barclays, souligne que certaines activités alimentaires du groupe, comme l’agriculture et la production de sucre en Espagne, sont de qualité inférieure et ont nui à la valorisation globale de l’entreprise.

George Weston devrait conserver un rôle important dans la division alimentaire après la scission, avec l’objectif de mettre en valeur son potentiel et de la faire rayonner sur les marchés financiers. Mais cette nouvelle responsabilité pourrait également l’exposer à un examen plus approfondi et à des questions sur sa stratégie.

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À propos de l’auteur: Amélie Bernard

Amélie Bernard traite l’économie, les entreprises, les marchés et les transformations du travail. Son approche relie les chiffres, les décisions publiques et leurs effets dans la vie quotidienne.