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Le temps me tue – The Rocket to the Moon

L’écart se creuse entre les plus riches et le reste de la planète, et les conséquences climatiques de cette inégalité sont désormais mesurables : les 308 milliardaires les plus fortunés sont responsables d’émissions bien supérieures à celles de…

Le temps me tue – The Rocket to the Moon

L’écart se creuse entre les plus riches et le reste de la planète, et les conséquences climatiques de cette inégalité sont désormais mesurables : les 308 milliardaires les plus fortunés sont responsables d’émissions bien supérieures à celles de 118 pays combinés, tandis que la crise sanitaire liée au réchauffement s’aggrave.

Selon un rapport d’Oxfam, les investissements et le mode de vie des milliardaires génèrent en moyenne 1,9 million de tonnes d’équivalent CO2 par an et par personne, ce qui équivaut à près de 10 000 voyages en jet privé. L’étude souligne que ces individus ne se contentent pas de surconsommer des ressources, mais investissent activement dans les secteurs les plus polluants, maximisant ainsi leurs profits. Près de 60 % de leurs investissements ont un impact climatique significatif, notamment dans les industries pétrolière et minière.

Le rapport d’Oxfam tire une conclusion alarmante : si l’ensemble de la population mondiale adoptait le niveau de consommation des plus riches, le budget carbone mondial – la quantité de CO2 que nous pouvons encore émettre sans dépasser le seuil critique de réchauffement – serait épuisé en moins de trois semaines. Pour respecter l’objectif fixé par la communauté internationale lors de la COP 21 à Paris en 2015, qui vise à limiter le réchauffement à 1,5°C, les super-riches devraient réduire leurs émissions individuelles de 99 % d’ici 2030.

Par ailleurs, les émissions des 1 % les plus riches pourraient causer environ 1,3 million de décès liés à la chaleur d’ici la fin du siècle. D’ici 2050, les pays à revenu faible ou intermédiaire pourraient subir 44 000 milliards de dollars de dommages économiques liés aux vagues de chaleur. Oxfam insiste sur le fait que ces conséquences climatiques affecteront de manière disproportionnée les populations les plus vulnérables, en particulier les femmes, les filles et les groupes autochtones des pays du Sud.

La crise climatique se traduit également par une dégradation de la santé publique. Une étude coordonnée par l’University College London et l’Organisation mondiale de la santé (OMS) révèle que la plupart des 20 indicateurs de menaces sanitaires liés au climat atteindront des niveaux records en 2025, en raison de notre dépendance aux combustibles fossiles. L’année 2024 a été la plus chaude jamais enregistrée, exposant chaque habitant de la planète à une moyenne de seize jours de températures dangereuses pour la santé. La chaleur excessive a provoqué un décès toutes les minutes. Les enfants de moins d’un an et les personnes âgées ont été particulièrement touchés, avec des vagues de chaleur pouvant durer jusqu’à vingt jours, soit une augmentation de 304 % par rapport à la période 1986-2005.

Les conséquences se manifestent également par une augmentation des infections aiguës, des maladies chroniques, des cancers et des troubles neurologiques. La pollution atmosphérique, exacerbée par les incendies de forêt, a causé 154 000 décès en 2024, un chiffre record. Au total, plus de 2 millions de décès sont attribués chaque année à la pollution générée par la combustion de combustibles fossiles, auxquels s’ajoutent 2 millions de décès liés à la pollution domestique due au chauffage ou à la cuisson au bois, au charbon ou au kérosène.

Enfin, le réchauffement climatique favorise l’expansion des zones de présence de vecteurs de maladies tels que les moustiques, les tiques et les phlébotomes. Le moustique Culex, porteur du virus du Nil occidental, a ainsi été détecté en Europe, et même en Islande. Les conditions propices à la transmission du paludisme s’étendent également vers le nord.

Les événements météorologiques extrêmes se multiplient et s’intensifient. La tempête Benjamin, qui a frappé l’Europe occidentale fin octobre, a atteint des rafales de vent de 170 km/h dans certaines régions de France, où 19 départements ont été placés en alerte orange. Les météorologues estiment que Benjamin aurait pu se transformer en une « bombe météorologique », caractérisée par une chute brutale de la pression atmosphérique et des vents violents. Le projet Climatomètre européen estime que 10 à 20 % de l’intensification des précipitations lors des récentes tempêtes en Europe est directement liée au changement climatique. De même, une augmentation de 2°C de la température des océans a contribué à la violence de l’ouragan Melissa, qui a dévasté la Jamaïque et les Caraïbes à partir du 28 octobre, avec des vents atteignant près de 300 km/h.

« La crise climatique est une crise d’inégalité. Les peuples les plus riches du monde financent et profitent de la destruction climatique, laissant la majorité de la population mondiale supporter les conséquences fatales de leur pouvoir incontrôlé », conclut Oxfam.

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À propos de l’auteur: Nicolas Lefèvre

Nicolas Lefèvre couvre l’actualité française, de la vie politique aux questions sociales et économiques. Il privilégie les explications claires, les faits datés et les informations directement utiles au lecteur.